La capitale de la Petite Côte a officiellement lancé, jeudi, les festivités marquant son centenaire en tant qu’escale administrative. Une commémoration qui, au-delà de la rétrospective historique et de l’effervescence culturelle, a servi de tribune à l’édile de la ville pour poser une condition sine qua non à la survie économique de la commune face aux défis climatiques.
C’est une transformation majeure que Mbour célèbre cette année. De simple point d’ancrage en 1926, la ville s’est muée en un siècle en un carrefour démographique et économique incontournable. La cérémonie officielle, organisée devant l’hôtel de ville, a matérialisé cette évolution par une démonstration de diversité culturelle. Le public a assisté à une communion des rythmes, où le « nguel » sérère, le « sowrouba » mandingue et le « ndawrabine » lébou ont illustré la richesse du tissu social local.
Présidant cette journée symbolique, le maire Cheikh Issa Sall a tenu à redéfinir le sens historique de cette date. Selon lui, l’érection de Mbour en escale administrative ne doit pas être lue uniquement sous le prisme colonial, mais comme le théâtre d’une réorganisation sociale. Après l’échec des résistances armées, les communautés religieuses et coutumières ont convergé vers ce point pour orchestrer ce que l’édile qualifie de « résistance culturelle ». Cette stratégie de regroupement visait, selon ses termes, à contrer l’assimilation et à préserver l’identité des populations locales.
Toutefois, cette célébration du passé a rapidement laissé place aux urgences actuelles. Cheikh Issa Sall a profité de cette audience pour lancer un appel direct aux partenaires financiers. Pour le maire, le pacte avec les générations futures dépend de la capacité de la commune à mobiliser des financements internationaux pour des projets structurants. Le dossier prioritaire mis sur la table concerne la lutte contre l’érosion côtière, une menace directe pour l’économie et l’intégrité territoriale de cette ville littorale.
Le préfet Amadou Diop, également présent, a pour sa part mis l’accent sur la stabilité sociale, saluant le modèle de coexistence pacifique qui prévaut à Mbour. Il a invité la jeunesse à ériger ce « vivre-ensemble » en bouclier contre les divisions, tout en prônant le retour aux valeurs de discipline et de travail.
Selon nos confrères d’Emedia, les festivités se poursuivront tout au long de l’année 2026. L’agenda prévoit des tables rondes sur le financement des femmes, un forum sur l’emploi et l’entrepreneuriat, ainsi que des conférences dédiées à l’économie bleue, confirmant la volonté des autorités locales d’ancrer ce centenaire dans une perspective de développement durable.