1 102 jours de mer et des tirs inédits : les trois systèmes d’armes qui font basculer la Marine sénégalaise dans une nouvelle ère

C’est une transformation majeure des capacités défensives du Sénégal qui vient d’être confirmée par le commandement militaire. Au-delà des missions habituelles de surveillance des pêches et de sauvetage, l’année 2025 a marqué un tournant décisif dans la puissance de feu navale, matérialisé par la validation de nouveaux systèmes d’armes sophistiqués.

Le 51e anniversaire de la prise de commandement de la Marine nationale par des officiers sénégalais a servi de cadre à un bilan opérationnel particulièrement dense. Le contre-amiral Abdou Sène, chef d’état-major de la Marine, a détaillé les avancées d’une année qu’il qualifie lui-même de « charnière » pour la défense du territoire maritime.

Si la présence en mer reste constante avec 1 102 jours de navigation cumulés pour assurer la souveraineté dans la zone économique exclusive (ZEE), c’est la nature des équipements validés qui retient l’attention des observateurs avertis. Cette montée en puissance répond à l’impératif de protection des intérêts vitaux du pays, notamment dans le contexte de l’exploitation des ressources énergétiques offshore.

Une capacité de frappe et de défense antiaérienne validée

L’information centrale de ce bilan réside dans la réussite des tests de trois systèmes d’armement distincts, conférant à la flotte sénégalaise une capacité de dissuasion inédite. Selon les précisions rapportées par Sud Quotidien, la Marine a effectué avec succès ses premiers tirs de missiles anti-navires Spike et Marte ER en septembre 2025.

Cette modernisation offensive s’accompagne d’un volet défensif crucial. En janvier 2026, la procédure de mise en œuvre et de tir du système Mistral a été complétée. Ce dispositif permet désormais la prise en charge des menaces aériennes, comblant ainsi un segment stratégique dans la protection des unités navales. Pour le contre-amiral Sène, ces validations techniques constituent « une étape historique » dans l’évolution de l’institution.

Surveillance accrue et bilan humanitaire

Parallèlement à ce durcissement des capacités militaires, la Marine a maintenu une pression constante sur les activités illicites. Le bilan fait état de l’arraisonnement de plus de 11 navires de pêche en infraction et de l’interception de 23 pirogues liées à l’émigration irrégulière.

Le volet humanitaire de ces opérations reste prépondérant. Les unités navales ont porté secours à plus de 3 600 personnes en mer, dont 3 572 provenaient directement des embarcations de fortune tentant l’aventure migratoire. En outre, la Marine a assuré le transport de plus de 650 tonnes de fret au profit des Armées, illustrant sa polyvalence logistique.

L’édition 2026 de cet anniversaire, placée sous le thème de la « défense militaire du territoire et des intérêts vitaux en mer », entérine cette nouvelle posture stratégique visant la domination de la zone économique exclusive sénégalaise.

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