L’étau se resserre autour des exportations pétrolières vénézuéliennes. Alors que l’administration Trump a instauré une quarantaine maritime stricte, les tentatives de contournement se multiplient, poussant les forces américaines à intervenir bien au-delà des zones habituelles. Une nouvelle opération d’envergure vient de se dérouler dans l’océan Indien, confirmant la portée mondiale de ce dispositif de surveillance.
Le Pentagone a confirmé, dimanche, l’arraisonnement du pétrolier *Veronica III*. Ce navire, battant pavillon panaméen – une immatriculation annulée depuis décembre 2024 selon l’Autorité maritime du Panama – tentait de livrer près de 2 millions de barils de brut et de fioul. Parti du Venezuela le 3 janvier, jour de l’opération spéciale ayant mené à la capture du président Nicolas Maduro, le tanker espérait échapper à la vigilance américaine en quittant les Caraïbes.
La traque a traversé plusieurs océans. « Nous l’avons suivi des Caraïbes jusqu’à l’océan Indien, avons réduit la distance et l’avons stoppé », a précisé le commandement américain sur le réseau social X. Une vidéo accompagnant cette déclaration montre des forces spéciales descendant d’un hélicoptère pour prendre le contrôle du bâtiment. Selon Al Jazeera, il s’agit du neuvième navire saisi dans le cadre de ces opérations, après l’interception récente de l’*Aquila II*.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette stratégie répond à une logique économique précise définie par Washington. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a révélé que la vente du pétrole vénézuélien, désormais sous contrôle américain, a déjà généré plus d’un milliard de dollars depuis janvier. Les prévisions tablent sur 5 milliards supplémentaires dans les mois à venir.
Le *Veronica III*, identifié par TankerTrackers.com comme faisant partie d’une « flotte fantôme » impliquant également la Russie et l’Iran, illustre l’ampleur du défi. Si neuf navires ont été saisis, près de 800 bâtiments similaires continueraient de naviguer pour contourner les sanctions. Parallèlement, la tension reste vive en mer : des frappes aériennes sur des navires soupçonnés de trafic de drogue ont fait au moins 133 morts depuis septembre 2025.