La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a dévoilé les priorités de son administration concernant l’utilisation des ressources énergétiques nationales, en réponse directe aux récentes annonces de Washington. Alors que les États-Unis affirment contrôler les flux pétroliers vénézuéliens, Caracas entend consacrer l’intégralité de ces revenus à la réhabilitation du système de santé local.
Intervenant sur la télévision publique VTV, Delcy Rodríguez a précisé qu’un plan stratégique ciblant le secteur sanitaire, durement éprouvé par la crise, est en cours de déploiement. Elle a indiqué que 75 centres de santé ont déjà été identifiés pour bénéficier de ces fonds. L’objectif affiché est de canaliser chaque dollar issu de l’exploitation du pétrole et du gaz vers la couverture des besoins médicaux de la population, contredisant ainsi les affirmations selon lesquelles ces recettes seraient gérées depuis Washington.
De son côté, l’administration américaine maintient une position ferme sur la gestion des hydrocarbures vénézuéliens. Le président Donald Trump a déclaré que l’administration intérimaire livrerait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis. Une posture renforcée par le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, qui a affirmé, selon l’agence Anadolu, que le contrôle des ventes de brut est nécessaire pour obtenir les changements politiques souhaités, ajoutant que ces transactions seraient supervisées « indéfiniment ».
Cette bataille pour le contrôle des ressources intervient dans un climat de tension extrême après l’intervention militaire américaine. Le président Donald Trump a d’ailleurs rencontré des dirigeants de compagnies pétrolières à la Maison-Blanche pour discuter de la reconstruction de l’industrie locale et de la sécurisation des infrastructures. Ces discussions font suite à l’arrestation de Nicolas Maduro et de son épouse, actuellement détenus aux États-Unis, une situation qualifiée d’enlèvement par la nouvelle présidente par intérim.
Sur le plan régional, les répercussions de ce changement de régime se font déjà sentir. Washington a notamment annoncé la rupture des liens énergétiques entre Caracas et La Havane, marquant la volonté de Donald Trump de redéfinir les alliances stratégiques du Venezuela et d’exclure toute influence extérieure rivale dans la gestion de ses ressources.