La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a annoncé dimanche le déploiement de centaines d’agents fédéraux supplémentaires dans le Minnesota. Cette décision intervient dans un climat de tensions extrêmes entre Washington et les autorités locales, suite au décès de Renee Nicole Macklin Good, une civile tuée mercredi par un agent de la police de l’immigration (ICE).
Face à l’escalade de la situation, l’administration du Président Donald Trump intensifie sa présence sur le terrain. Selon des propos relayés par l’agence Anadolu, Kristi Noem a confirmé sur la chaîne Fox News l’arrivée imminente de ces renforts, composés d’agents de l’ICE et de la police des frontières (Border Patrol). L’objectif affiché est de protéger les fonctionnaires fédéraux et de mettre un terme à ce qu’elle qualifie d’abus de pouvoir de la part des autorités du Minnesota. Ce déploiement s’ajoute aux quelque 2 000 agents fédéraux déjà mobilisés dans l’État plus tôt cette semaine, tandis que la procureure générale Pam Bondi a dépêché des équipes pour enquêter sur des soupçons de fraude.
Le conflit de juridiction s’est envenimé autour de l’enquête sur la mort de la trentenaire à Minneapolis. Le Bureau d’appréhension criminelle du Minnesota (BCA) a annoncé son retrait forcé du dossier, le procureur fédéral ayant confié l’exclusivité des investigations au FBI, bloquant ainsi l’accès aux preuves pour les enquêteurs locaux. Cette reprise en main fédérale a provoqué une vive polémique, Kristi Noem accusant directement le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey de politiser ce drame. Elle a également soutenu que les manifestants, accusés de bloquer les rues, recevaient une formation spécifique pour l’affrontement.
La réponse politique ne s’est pas fait attendre. Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a qualifié les événements de tragédie et a réclamé la démission ou la destitution de Kristi Noem, fustigeant le non-respect de la loi par l’administration fédérale. Dans la même lignée, la représentante Robin Kelly a fait part de son intention d’initier une procédure d’impeachment contre la secrétaire à la Sécurité intérieure. Parallèlement, Tom Homan, responsable des frontières à la Maison Blanche, a défendu l’action de l’agent de l’ICE, estimant qu’il avait agi en conformité avec la loi fédérale face à une menace.
Sur le terrain, la mobilisation citoyenne perdure. Des manifestations ont été signalées dans plusieurs villes américaines, notamment à Orlando, Pittsburgh et Lexington, pour protester contre les méthodes de l’ICE et réclamer justice pour la victime.