Université: Coup de gueule du CEVAS

Le Collectif des Enseignants Vacataires de l’Enseignement Supérieur du Sénégal voudrait, à travers le présent communiqué après le refus du ministre de l’enseignement supérieur de le recevoir depuis le 24 septembre 2019 (date à laquelle il a déposé une demande d’audience pour le rencontrer), rendre publique sa position sur la situation que traverse l’université publique sénégalaise, marquée par la problématique de l’orientation de tous les étudiants nouveaux bacheliers dans les établissements publics d’enseignement supérieur, le déficit lancinant d’infrastructures et d’enseignants, et surtout le traitement dégradant des Personnels d’Enseignants et de Recherche (PER / ESR) non permanents, communément appelés Vacataires.

Devant cet état de fait, les syndicats de l’enseignement supérieur, en l’occurrence le SAES et le SUDES / ESR n’ont ménagé aucun effort pour inciter le gouvernement à résoudre ces questions urgentes en vue d’une stabilisation et une pacification de l’espace universitaire. Qu’ils en soient remerciés.

Etat

Sous ce rapport, le CEVAS invite l’Etat du Sénégal à faire preuve de diligence et de promptitude pour se pencher sur la question du recrutement massif pour résorber le gap en termes d’enseignants permanents et pour assurer aux non permanents un traitement mensuel plus digne en lieu et place d’une rémunération mensuelle de cinq mille francs par heure (5000f / heure).

Enseignants vacataires

Le CEVAS fustige avec une ferme énergie ce sort réservé aux Enseignants vacataires. Cette situation précaire que vivent des Docteurs chômeurs doit immédiatement cesser dans l’espace universitaire sénégalais. Nous rappelons à l’opinion publique nationale que sans les vacataires qui abattent un travail de titan dans toutes les universités du Sénégal, il ne peut y avoir une année académique normale d’autant plus que nous faisons le double des enseignants permanents.

Promesse du ministre de tutelle

L’Etat du Sénégal doit prendre au sérieux la question du recrutement car le ratio normal entre étudiants et enseignants est difficilement et loin d’être atteint. Le ministre de l’enseignement supérieur, à travers un point de presse et une circulaire dont nous avons possession adressée aux recteurs et coordonnateurs des universités, avait annoncé des mesures d’accompagnement facilitant l’enrôlement des nouveaux bacheliers parmi lesquels le recrutement de 200 postes d’enseignants et chercheurs (un nombre très minime par rapport au déficit criant d’enseignants) mais jusqu’à présent rien n’a été fait en ce sens.

Dénonciation 

Nous dénonçons avec véhémence toutes les lenteurs administratives notées dans le processus de la mise à disposition des postes aux recteurs des universités afin que ces derniers puissent procéder rapidement aux lancements des appels à candidatures en collaboration avec les doyens des facultés.

Recrutement des vacataires

Nous exigeons sans délai le recrutement massif des docteurs vacataires dans les universités. Le ministre doit comprendre que le recrutement dans les universités suit une procédure qui peut prendre du temps et nous sommes déjà au mois décembre. Nous n’accepterons plus de continuer de servir brillamment et avec beaucoup de dévotion l’enseignement supérieur dans la précarité.

Préavis

Et si rien n’est fait dans ce sens d’ici quelques jours, nous montrerons aux autorités étatiques et universitaires ce que nous représentons et valons dans la bonne marche des enseignements apprentissages du supérieur. Pour finir, le CEVAS exprime toute sa compassion à Dr Babacar Diop et exige sans délai sa libération.
Halte à la prolétarisation des PER / ESR non permanents  ! Halte à la vacatarisation outrancière de l’université publique  !

Fait à Dakar, le 12 décembre 2019, Commission Revendications et Communication / CEVAS

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