Une initiative citoyenne européenne (ICE) a été lancée pour exiger la suspension immédiate de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, invoquant de graves violations du droit international humanitaire dans la bande de Gaza. Cette démarche, soutenue par plusieurs figures politiques, vise à rassembler un million de signatures pour contraindre la Commission européenne à examiner cette requête.
Selon les informations relayées par l’agence Anadolu, les organisateurs de cette campagne dénoncent la responsabilité de l’État hébreu dans un niveau de violence qualifié d’inédit, incluant des déplacements massifs de populations et la destruction systématique d’infrastructures médicales. Le texte de la pétition, hébergé sur la plateforme officielle de l’UE, pointe également l’utilisation de la famine comme méthode de guerre. L’objectif affiché est de remettre en cause l’accord de 2000, considéré comme le socle juridique des relations économiques bilatérales, et qui, selon les initiateurs, contribue à financer un État accusé de crimes contre l’humanité.
La mobilisation gagne du terrain sur la scène politique, notamment avec le soutien affiché de Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l’Assemblée nationale, qui a appelé à suspendre cet accord. Pour que l’initiative aboutisse, elle doit recueillir un million de signatures valides provenant d’au moins sept États membres avant le 13 janvier 2027. À ce jour, environ 88 000 soutiens ont été comptabilisés.
Le contexte juridique et sécuritaire régional pèse lourdement sur ce dossier. Alors que la Cour internationale de Justice a pointé un risque plausible de génocide et jugé l’occupation des territoires palestiniens illégale, la situation en Cisjordanie reste également tendue avec une recrudescence des violences commises par les colons israéliens. Parallèlement, la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre de hauts dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahu, pour crimes de guerre.
Sur le plan humanitaire, le bilan dépasse les 70 000 morts à Gaza, principalement des femmes et des enfants. L’instabilité s’étend au-delà de l’enclave, comme l’illustrent les récents événements au Liban où la FINUL a dû réclamer un cessez-le-feu suite à des tirs de l’armée israélienne sur ses positions. Malgré un cessez-le-feu signé en octobre 2025, les violations signalées par les organisations internationales continuent d’alimenter les critiques envers le maintien de relations diplomatiques et économiques normales entre l’Europe et Israël.