Une frappe israélienne fait deux morts au Liban : la nature du bâtiment détruit contredit la cible annoncée

Le plus grand camp de réfugiés palestiniens du Liban a de nouveau été la cible d’une attaque meurtrière ce vendredi. Une frappe de drone a touché le camp d’Ein el-Hilweh, situé à la périphérie de la ville méridionale de Sidon, constituant une nouvelle violation de l’accord de cessez-le-feu conclu en 2024.

Selon le ministère libanais de la Santé publique, l’attaque a coûté la vie à deux personnes. L’Agence nationale d’information libanaise (NNA) précise que le raid a visé le quartier de Hittin, tuant notamment un homme issu de la famille al-Khatib et faisant plusieurs blessés.

L’armée israélienne a justifié cette opération par un communiqué, affirmant que ses forces avaient « frappé un centre de commandement du Hamas à partir duquel opéraient des terroristes », en réponse à des « violations répétées des accords de cessez-le-feu ».

Cependant, la nature de la cible détruite diverge selon les sources sur place. La NNA indique que la frappe a causé d’importants dégâts à un bâtiment qui, bien qu’ayant servi par le passé à la force palestinienne conjointe chargée de la sécurité du camp, était désormais loué par un particulier pour abriter une cuisine destinée à la distribution d’aide alimentaire.

Cette attaque s’inscrit dans un contexte de violations répétées par Israël de l’accord de cessez-le-feu instauré en novembre 2024 avec le groupe armé Hezbollah. Comme le souligne Al Jazeera, l’État hébreu a maintenu des frappes régulières sur le territoire libanais malgré cette trêve. Les Nations Unies recensent plus de 10 000 attaques aériennes et terrestres israéliennes depuis la signature de l’accord, le bureau des droits de l’homme de l’ONU ayant vérifié au moins 108 victimes civiles, dont 21 femmes et 16 enfants.

Face à cette situation, le Liban a déposé une plainte officielle auprès de l’ONU le mois dernier, exhortant le Conseil de sécurité à contraindre Israël à mettre fin à ses attaques et à se retirer totalement du pays. Actuellement, les forces israéliennes occupent toujours cinq zones du territoire libanais, bloquant la reconstruction des villages frontaliers détruits et empêchant le retour de dizaines de milliers de déplacés.

Les opérations militaires se poursuivent également dans d’autres régions. Dimanche dernier, une autre série de frappes aériennes israéliennes au Liban, près de la frontière syrienne dans l’est du pays, a fait quatre morts. L’armée israélienne avait alors déclaré viser des membres du groupe armé Jihad islamique palestinien (PIJ). L’an dernier, lors d’un précédent raid majeur sur le camp d’Ein el-Hilweh, 13 personnes avaient été tuées, dont 11 enfants, selon les données de l’ONU. Le Hamas avait alors qualifié de « fabrication » les affirmations israéliennes concernant la présence d’installations d’entraînement dans les camps de réfugiés au Liban.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire