Le secteur extractif sénégalais traverse une zone de turbulences qui ne doit rien à la conjoncture internationale, mais tout à des mécanismes de gestion interne. Le Collectif des promoteurs de l’exploitation minière semi-mécanisée et des carrières du Sénégal (CPEMSCS) a décidé de briser le silence pour exposer une situation de paralysie quasi totale qui perdure depuis près de deux ans. Au cœur de cette crise, ce n’est pas la raréfaction de la ressource qui est en cause, mais une relation administrative devenue impossible avec la tutelle.
Selon les éléments rapportés par nos confrères d’Emedia, plus d’une centaine d’entreprises, détenues intégralement par des nationaux, sont aujourd’hui à l’arrêt. Ces structures, portées par des investisseurs locaux ayant souvent hypothéqué leurs biens personnels, se heurtent à ce qu’ils qualifient de « blocage systématique » de l’Administration minière. Les procédures d’attribution et de renouvellement de permis sont gelées, laissant les opérateurs sans visibilité et sans base légale pour poursuivre leurs activités, malgré des dossiers que les promoteurs affirment être complets.
La situation s’est complexifiée avec l’entrée en vigueur de nouvelles dispositions réglementaires. Le décret n°2024-1502 du 31 juillet 2024, suspendant les activités sur la rive gauche de la Falémé, ainsi que la multiplication des audits du cadastre minier, sont cités comme des facteurs aggravants. Si la régulation est nécessaire, le collectif déplore l’absence d’informations claires et de délais officiels. Des courriers de notification arriveraient plusieurs mois après leur signature, et l’administration exigerait de manière répétée des documents déjà fournis, créant un cycle bureaucratique sans fin.
Les conséquences de ce statu quo dépassent le simple cadre administratif. Le collectif souligne la perte de milliers d’emplois et un manque à gagner chiffré à plusieurs milliards de francs CFA en recettes fiscales pour l’État. Plus inquiétant pour les acteurs locaux, la remise en cause des exploitations sous permis de recherche — qui constituent 90 % de l’activité semi-mécanisée — pourrait, selon eux, rebattre les cartes au profit exclusif des grandes compagnies étrangères, déjà dominantes dans les zones à fort potentiel.
Face à l’urgence, le CPEMSCS sollicite directement l’intervention du Président de la République et du Premier ministre. L’appel est clair : les promoteurs ne réclament ni subventions ni aides financières, mais la levée des verrous administratifs pour reprendre le travail. Ils plaident pour une administration qui accompagne la mise aux normes environnementales sans briser l’outil de production national.
vous avez volé au contribuable pendant des décennies, votre regularisation ne pourra pas se faire en un clin d’oeil