Une fusillade a éclaté vendredi dans un quartier résidentiel de Moscou, ciblant une figure majeure de l’appareil sécuritaire russe. L’incident, survenu en pleine capitale, a immédiatement pris une tournure diplomatique avec des accusations directes portées par les autorités russes contre le voisin ukrainien, alors que le conflit entre les deux nations s’apprête à entrer dans sa cinquième année.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la victime de cette attaque armée est le lieutenant-général Vladimir Alekseyev. Ce haut gradé occupe une position stratégique au sein de l’armée russe en tant que premier adjoint au chef de la Direction principale du renseignement de l’état-major général (GRU) depuis 2011. Le Comité d’enquête russe, par la voix de sa porte-parole Svetlana Petrenko, a confirmé que plusieurs coups de feu ont été tirés devant un immeuble résidentiel.
L’agresseur, dont l’identité reste pour l’heure inconnue, a réussi à prendre la fuite après les tirs. Une enquête a été officiellement ouverte pour tentative de meurtre et trafic illégal d’armes à feu. Les services de sécurité sont actuellement déployés dans le nord-ouest de Moscou pour analyser les images de vidéosurveillance et interroger les témoins, tentant de retracer le parcours du tireur.
La réaction politique ne s’est pas fait attendre. Sergey Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a qualifié cet acte de « terroriste » et a explicitement pointé du doigt la responsabilité de l’Ukraine. Lors d’une conférence de presse tenue après des échanges avec des représentants de l’OSCE, le chef de la diplomatie russe a affirmé que cette attaque traduisait une volonté de Kiev de « perturber les négociations de paix ». Pour Moscou, cet événement viserait à maintenir le soutien occidental à l’effort de guerre ukrainien.
À ce stade, les autorités ukrainiennes n’ont émis aucun commentaire officiel concernant ces accusations ou l’incident lui-même. Ce n’est pas la première fois qu’un officier supérieur russe est visé sur le territoire national. En décembre dernier, le lieutenant-général Fanil Sarvarov avait trouvé la mort dans l’explosion de son véhicule à Moscou, un acte pour lequel l’Ukraine avait, dans d’autres circonstances similaires, revendiqué la responsabilité.