En visite à Paris pour consolider le soutien européen à son pays, le président ukrainien a détaillé les contours de l’axe militaire entre Moscou et Téhéran. Lors d’une intervention médiatique, il a mis en lumière une dynamique financière complexe qui finit par menacer directement les intérêts occidentaux.
Lors d’un entretien accordé vendredi à la station publique France Inter, Volodymyr Zelensky a formellement accusé la Russie de fournir des drones de type Shahed à l’Iran. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le chef d’État ukrainien affirme que cette coopération militaire est financée par la manne des hydrocarbures russes. Il pointe particulièrement du doigt la levée de certaines sanctions américaines dans ce secteur, dénonçant un « effet pervers » : l’argent ainsi généré par Moscou est réinvesti dans la production d’armements, ensuite transférés au régime iranien.
Ce flux d’équipements militaires s’inscrit dans ce que le dirigeant qualifie de « cercle vicieux ». Il avertit que ces drones fournis par la Russie pourraient être déployés par Téhéran pour frapper des aéroports ou des installations militaires américaines. Une mise en garde qui fait écho aux récentes tensions régionales, alors que Téhéran a déjà ciblé des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe.
Évoquant la situation globale au Moyen-Orient, Volodymyr Zelensky a fait part de son inquiétude face au risque de voir la situation « dégénérer en une grande guerre », appelant à privilégier la voie diplomatique pour éviter que la crise ne s’inscrive dans la durée. Concernant l’Ukraine, il a souligné la nécessité de trouver un compromis par le biais de négociations. S’il estime que Vladimir Poutine n’a pas atteint ses objectifs initiaux, il juge néanmoins que la pression internationale actuelle sur la Russie demeure insuffisante pour imposer le respect du droit international et de l’intégrité territoriale ukrainienne.
Présent dans la capitale française pour s’entretenir avec Emmanuel Macron, le dirigeant ukrainien a exprimé sa reconnaissance envers les institutions et les citoyens français pour leur soutien constant. Conscient que les hostilités au Proche-Orient détournent temporairement l’attention mondiale et risquent d’impacter les livraisons de systèmes de défense antiaérienne à Kiev, il a tenu à proposer une contrepartie stratégique. Affirmant que son pays possède une expertise de premier plan dans la lutte anti-drones, il s’est engagé à partager ce savoir-faire tactique avec la France.