La tension diplomatique et militaire entre Washington et Téhéran vient de franchir un nouveau palier. Alors que des canaux de discussion indirects restent ouverts, la Maison-Blanche a adressé une mise en garde explicite aux autorités iraniennes, les invitant à faire preuve de « sagesse ». Cette déclaration survient dans un contexte de déploiement massif de forces navales américaines au Moyen-Orient, mais surtout d’une menace précise formulée par l’administration Trump concernant l’utilisation d’une position stratégique dans l’Océan Indien pour mener d’éventuelles frappes.
L’administration américaine combine désormais la pression diplomatique et la menace militaire directe. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a affirmé mercredi qu’il serait « très sage » pour l’Iran de conclure un accord avec le président Donald Trump. Une main tendue qui s’apparente davantage à un ultimatum, formulé alors que les discussions sur le programme nucléaire iranien piétinent.
La carte Diego Garcia sur la table
Au-delà de la rhétorique habituelle, c’est la précision géographique de la menace qui marque une rupture. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a directement interpellé le Premier ministre britannique, Keir Starmer. L’enjeu concerne l’archipel des Chagos et l’accord visant à en céder la souveraineté, une perspective qui inquiète Washington.
Selon les éléments rapportés par notre source Al Jazeera, le président américain a été clair sur ses intentions opérationnelles : « Si l’Iran décide de ne pas conclure d’accord, il pourrait être nécessaire pour les États-Unis d’utiliser Diego Garcia, ainsi que l’aérodrome situé à Fairford, afin d’éradiquer une attaque potentielle d’un régime hautement instable et dangereux. » Cette déclaration place l’île de Diego Garcia, qui abrite une base militaire conjointe anglo-américaine, au centre du dispositif de dissuasion.
Un déploiement naval massif
Cette rhétorique s’appuie sur une montée en puissance visible sur le terrain. Le Pentagone a confirmé une augmentation significative de ses actifs dans la région. À ce jour, le porte-avions USS Abraham Lincoln, accompagné de neuf destroyers, patrouille déjà dans les eaux du Moyen-Orient.
Le dispositif est en passe d’être renforcé par l’arrivée de l’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, actuellement en route depuis l’Atlantique. Des données de suivi aérien indiquent également le déploiement de chasseurs furtifs F-22 Raptor, ainsi que de F-15 et F-16, soutenus par des avions ravitailleurs KC-135. Chris Wright, secrétaire américain à l’Énergie, a d’ailleurs prévenu depuis Paris que Washington empêcherait Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire « d’une manière ou d’une autre ».
Dialogue de sourds sur les « lignes rouges »
Sur le plan diplomatique, les versions divergent quant à l’avancée des pourparlers. Si les responsables iraniens évoquent un accord sur des « principes directeurs », le vice-président américain JD Vance a tempéré cet optimisme, soulignant que Téhéran n’avait pas encore répondu à toutes les « lignes rouges » fixées par Washington.
De son côté, le président iranien Masoud Pezeshkian maintient une position de fermeté. « Depuis le jour de ma prise de fonction, j’ai cru que la guerre devait être écartée », a-t-il déclaré mercredi, tout en posant ses limites : « Mais s’ils essaient de nous imposer leur volonté, de nous humilier et d’exiger que nous baissions la tête à tout prix, devons-nous accepter cela ? » Une interrogation rhétorique qui intervient alors que le Corps des Gardiens de la révolution islamique vient de mener des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz.