Trois lauréats internationaux du Quai Branly investissent le Musée Théodore Monod pour déconstruire cette réalité coloniale

Depuis le 12 février, le paysage culturel dakarois s’est enrichi d’une nouvelle proposition artistique majeure au Musée Théodore Monod d’art africain. Dans le cadre d’un partenariat renouvelé pour la troisième année consécutive avec une institution parisienne de premier plan, la capitale sénégalaise accueille une sélection d’œuvres photographiques contemporaines. Cette exposition met en lumière des travaux venus de trois continents différents, unis par une volonté commune d’interroger les récits historiques et les structures identitaires.

Sous l’intitulé « Réinventer son passé », l’exposition présente les œuvres des lauréats des éditions 2023 et 2024 du Prix pour la photographie du Musée du Quai Branly Jacques Chirac. Selon les informations relayées par **Le Quotidien**, cette initiative permet au public sénégalais de découvrir les démarches artistiques de Mónica Alcázar-Duarte (Mexique/Grande-Bretagne), Jaisingh Nageswaran (Inde) et Julie Gough (Australie). L’inauguration s’est déroulée en présence de ces trois créateurs, dont les travaux explorent les strates de la mémoire et les héritages de la colonisation.

Ce dispositif de soutien à la création, actif depuis 2008, s’adresse spécifiquement aux artistes originaires d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie. Il se distingue par l’importance de son accompagnement financier. Depuis 2022, la dotation allouée à chaque projet lauréat dépasse les 19 millions de francs CFA, positionnant ce prix comme l’un des plus significatifs dans le secteur de la photographie contemporaine. En une quinzaine d’années, ce programme a permis de révéler 49 photographes et d’enrichir les collections avec près de 1000 tirages abordant des thématiques variées telles que l’écologie, les migrations ou la déconstruction des modèles patriarcaux.

Pour cette escale dakaroise, le commissariat est assuré conjointement par El Hadji Malick Ndiaye, conservateur du Musée Théodore Monod, ainsi que Christine Barthe et Annabelle Lacour, responsables des collections photographiques du musée parisien. Cette collaboration institutionnelle, soutenue notamment par l’Institut français du Sénégal et le ministère de la Culture, vise à favoriser la circulation des savoirs et des œuvres entre le continent africain et la scène internationale.

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