Le 14 janvier dernier, les portes de la prison se sont ouvertes pour Ramon Centeno, un journaliste incarcéré depuis quatre ans au Venezuela. Si cette remise en liberté inattendue a d’abord pris des allures de célébration familiale, la situation a basculé moins de deux semaines plus tard.
Selon les informations recueillies par la chaîne Al Jazeera, Ramon Centeno, 38 ans, a retrouvé la liberté au petit matin. À sa sortie en fauteuil roulant, il a été accueilli par sa mère, Omaira Navas, qui s’était apprêtée avec ses meilleurs vêtements pour l’occasion. « C’était un moment indescriptible. J’avais l’impression de renaître, une naissance vers la liberté », a-t-il confié au média.
Cependant, ces retrouvailles ont été de très courte durée. Près de deux semaines après cette libération, Omaira Navas a succombé à un accident vasculaire cérébral. Elle n’aura partagé la liberté de son fils que pendant treize jours. Le journaliste a rappelé le souvenir douloureux de la première visite de sa mère à la prison de Caracas, le jour de son anniversaire, marquée par la séparation à la fin du parloir.
L’incarcération de Ramon Centeno remontait à 2022. Les autorités vénézuéliennes l’avaient arrêté à la suite d’une interview qui déplaisait au gouvernement, dans laquelle d’anciens responsables étaient liés à un trafic de drogue présumé. Il a ainsi intégré la longue liste des détenus politiques au Venezuela, dont les incarcérations sont régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains.
Durant ses quatre années de détention, le journaliste a passé la majeure partie de son temps alité. Sa cellule exiguë, dépourvue de fenêtres et d’ampoules fonctionnelles, n’était éclairée que par la faible lumière du couloir rampant sur le sol en béton. Les détenus tentaient d’obtenir un minimum d’intimité en suspendant de fins draps entre les lits superposés. Chaque journée y débutait par des roulements de tambours militaires et des cris à la gloire de l’ancien président socialiste Hugo Chavez.