La rencontre prévue ce mardi à la Maison Blanche entre Donald Trump et le président colombien Gustavo Petro s’annonce sous haute tension. Programmée seulement un mois après l’opération américaine ayant visé le président vénézuélien Nicolas Maduro, cette entrevue intervient dans un climat diplomatique particulièrement dégradé, marqué par des échanges d’invectives et des menaces directes entre Washington et Bogota.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président colombien, dont le mandat s’achève en mai prochain, se rend à Washington avec l’objectif de gérer des relations bilatérales que l’administration Trump a qualifiées de « très malades ». Depuis le début de son second mandat en janvier 2025, le président américain a multiplié les attaques verbales et les sanctions à l’encontre de son homologue sud-américain.
Les contentieux s’accumulent entre les deux nations. Gustavo Petro, premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, a vivement critiqué la politique étrangère américaine, notamment les opérations militaires dans la mer des Caraïbes et le soutien inconditionnel à la guerre menée par Israël à Gaza. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre dernier, il avait même appelé les troupes américaines à « désobéir aux ordres de Trump » au nom de l’humanité, une déclaration qui avait entraîné la révocation de son visa américain et l’imposition de sanctions par Washington.
De son côté, Donald Trump n’a pas retenu ses coups. À bord d’Air Force One, peu après l’opération contre Nicolas Maduro, il a qualifié le gouvernement de Bogota d’être dirigé par « un homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis ». Interrogé sur la possibilité d’une intervention militaire en Colombie, le président américain avait alors répondu de manière laconique : « Ça me semble bien ».
L’enjeu central de cette rencontre demeure la lutte contre le narcotrafic. Malgré les tensions extrêmes et la rhétorique belliqueuse, Gustavo Petro semble opter pour une approche pragmatique en cette fin de mandat. Dans un entretien accordé à Al Jazeera le 9 janvier, il a indiqué que son gouvernement cherchait à maintenir la coopération avec Washington sur la lutte contre les stupéfiants, adoptant un ton plus conciliant face à la réalité des rapports de force.
L’histoire des relations entre les deux pays, établie dès 1822, est jalonnée de périodes de coopération intense, notamment sécuritaire, mais aussi de frictions liées aux intérêts économiques et géopolitiques américains dans la région. Si les États-Unis ont investi plus de 10 milliards de dollars entre 1999 et 2018 pour soutenir la Colombie contre les cartels, l’administration Trump a récemment classé le Clan du Golfe comme organisation terroriste et menacé de couper les subventions, accusant Bogota d’inaction.