Touba : Le silence de la victime s’est brisé net après la médiatisation de ce dossier dakarois

C’est une affaire de mœurs qui secoue la ville sainte de Touba, révélant comment l’actualité nationale peut avoir des répercussions directes sur la libération de la parole locale. Un homme, identifié comme A. Sow, a été arrêté pour des faits de viols répétés et de pédophilie sur une mineure, N.A. Bèye. Si les faits sont accablants, c’est l’élément déclencheur des aveux de la victime qui retient l’attention des enquêteurs.

Le calvaire de la fillette durait depuis plusieurs mois dans le silence le plus total, verrouillé par la peur et les menaces. Selon les informations rapportées par nos confrères d’IGFM, le suspect avait mis en place un système de prédation bien rodé, profitant de la proximité de voisinage pour abuser de sa victime.

L’impact direct de l’affaire Pierre Robert

Ce qui a fait basculer ce dossier du huis clos familial à la justice, c’est une prise de conscience brutale de la victime devant son poste de télévision. La médiatisation intense de l’arrestation à Dakar du réseau présumé de Pierre Robert, alias « Peter Babtou », impliqué dans une vaste affaire de mœurs, a provoqué un choc psychologique chez la petite N.A. Bèye.

Effrayée par les similitudes et l’ampleur du scandale dakarois, la fillette a fini par briser l’omerta. En larmes, elle a tout avoué à sa mère, décrivant un quotidien fait d’abus et de terreur, craignant de subir le même sort que les victimes mentionnées dans les médias.

Un mode opératoire cynique

Les auditions ont permis de mettre en lumière la méthodologie du mis en cause. A. Sow surveillait systématiquement les mouvements des parents de la victime. Une fois le champ libre, il attirait l’enfant dans sa chambre située à l’étage pour lui imposer des rapports anaux.

Pour acheter le silence de sa victime après chaque acte, il lui remettait des sommes dérisoires, oscillant entre 250 et 500 F CFA, assorties de menaces de mort explicites si elle venait à parler. Une stratégie de domination qui a fonctionné jusqu’à ce que l’actualité ne vienne interférer.

Des preuves médicales sans équivoque

La prise en charge judiciaire a été rapide. Une réquisition a été adressée au Docteur E. Bénadji, chirurgien généraliste à l’hôpital de Ndamatou. Le certificat médical versé au dossier confirme la matérialité des faits dénoncés par la mineure.

Le praticien a relevé la présence de lésions et de cicatrices inflammatoires au niveau de l’orifice anal. Ces constatations cliniques attestent, selon le rapport, de pénétrations répétées sur une longue période, corroborant ainsi le récit de la victime.

Le suspect face à ses contradictions

Interrogé par les enquêteurs, A. Sow a opté pour la dénégation. S’il admet avoir remis de l’argent à la fillette « de temps en temps », il conteste formellement toute agression sexuelle. Une ligne de défense fragilisée par la précision des déclarations de la victime et les conclusions médicales.

Le suspect est désormais poursuivi pour viols répétitifs par sodomie et actes de pédophilie. Une information judiciaire a été ouverte pour déterminer si d’autres enfants du quartier ont pu tomber dans les filets de ce prédateur présumé.

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