La détérioration rapide de la situation sécuritaire au Moyen-Orient commence à impacter directement les forces internationales déployées dans la région. Face à l’intensification des affrontements, des mesures logistiques d’urgence sont désormais activées pour sécuriser les contingents étrangers exposés aux tirs croisés.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, la ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a annoncé ce jeudi le transfert de près de 100 militaires espagnols initialement basés en Irak. Ce premier groupe a été évacué en direction de la Türkiye.
Parmi les effectifs concernés, 57 soldats opéraient au sein d’Inherent Resolve, la coalition dirigée par les États-Unis contre le groupe armé Daesh. Les 42 autres militaires faisaient partie de la Mission de l’OTAN en Irak (NMI). L’extraction de ce second groupe s’est révélée particulièrement délicate, les manœuvres ayant été entravées par des échanges de missiles à proximité immédiate de leur base.
Ces troupes ont atterri à la base aérienne d’Incirlik, située près d’Adana dans le sud de la Türkiye. Sur ce site stratégique, l’armée espagnole dispose déjà d’un déploiement comprenant 150 soldats ainsi qu’une batterie de défense antiaérienne Patriot.
Le processus d’évacuation n’est toutefois pas achevé. Environ 350 militaires de l’OTAN, dont 200 Espagnols, se trouvent toujours sur le sol irakien dans l’attente d’un rapatriement, au sein d’un environnement sécuritaire décrit comme très complexe par les autorités. Des appareils américains et allemands ont pris part à ces premières opérations. En parallèle, Madrid maintient trois avions prépositionnés dans la zone, prêts à décoller dès qu’une fenêtre d’opportunité se présentera. Face à cette crise, l’OTAN a décidé d’ajuster ses opérations, tout en maintenant la coordination entre les pays participants.
Cette tension régionale affecte également d’autres théâtres d’opérations. Margarita Robles a fait un point sur la situation des 670 casques bleus espagnols intégrés à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). À la suite d’une nuit marquée par d’intenses bombardements, ces militaires ont été contraints de se réfugier dans des bunkers pendant plusieurs heures. Les frappes se poursuivaient ce jeudi, maintenant les troupes sous la menace de tirs provenant de multiples directions.