Tidianiyya et responsabilité morale : appel à la retenue et à la fidélité

Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux.

Il est des moments dans l’histoire des communautés où le silence devient faute, et où la parole, si elle est juste, mesurée et sincère, devient devoir.

Le présent écrit s’inscrit dans cette exigence morale : non pour attiser, non pour répondre à l’éphémère, mais pour rappeler l’essentiel, préserver l’honneur et réaffirmer la voie.

Cette lettre s’adresse à l’ensemble des condisciples tidianes, et plus particulièrement aux femmes et aux hommes de Muqtafina, réunis autour de leur responsable moral, Serigne Moustapha Sy Al Amine.

Elle se veut un appel à la conscience collective, un rappel de responsabilité et un acte de fidélité à l’héritage spirituel qui nous lie.

La Tidianiyya n’est pas une émotion passagère.
Elle est une construction spirituelle patiente, édifiée par la science, consolidée par l’éthique et protégée par la maîtrise de soi. Elle a traversé les époques non par la force du tumulte, mais par la force de la droiture.

Or, lorsque la parole se banalise, lorsque l’attaque personnelle se substitue à la réflexion, ce n’est pas un homme seul qui est atteint : c’est l’équilibre moral de la communauté qui vacille.

Serigne Moustapha Sy Al Amine n’est pas une figure circonstancielle.
Il est un héritier d’une chaîne spirituelle, dépositaire d’une responsabilité lourde, exposée par nature, mais jamais légère. Le juger à l’aune des passions du moment, le réduire à des fragments de discours ou à des interprétations hâtives, c’est ignorer ce que représente la continuité spirituelle dans notre tradition.

Dans la khadara malikia, la divergence n’a jamais autorisé l’irrespect.
Le questionnement n’a jamais justifié l’offense.
Et la liberté n’a jamais signifié la rupture avec l’éthique.

À Muqtafina, il faut le dire avec gravité et fraternité :
vous êtes porteurs d’un nom, d’une mémoire et d’une exigence. Votre rôle n’est pas de suivre le bruit du monde, mais de tenir la ligne, même lorsque le vent souffle fort.

Votre dignité réside dans la retenue, la discipline morale, la cohésion interne et la fidélité aux principes, même dans l’adversité.

Les grandes communautés ne se mesurent pas à leur capacité de réagir, mais à leur capacité de résister sans se renier. L’histoire n’honore pas ceux qui crient le plus fort, mais ceux qui savent rester debout, droits et constants, quand tout invite à la dispersion.

Aujourd’hui, l’enjeu dépasse les personnes et les circonstances.
Il s’agit de savoir si Muqtafina demeure une référence morale, un cadre de formation spirituelle et un espace de stabilité pour les générations présentes et futures.

Redorer un blason ne consiste pas à polémiquer.
Cela consiste à incarner, à servir et à éclairer par l’exemple.

À ceux qui espèrent la division, opposons l’unité silencieuse.
À ceux qui attendent la faute, opposons la rectitude.
À ceux qui misent sur l’affaiblissement, opposons la patience et la profondeur.

Que cette lettre soit comprise non comme une défense personnelle, mais comme un acte de préservation de l’essentiel, un rappel solennel que l’honneur de la voie est au-dessus des passions et que la responsabilité spirituelle impose la mesure, même dans l’épreuve.

Puisse Allah préserver Tivaouane, protéger nos guides religieux, raffermir nos cœurs et inscrire notre unité dans la durée.

Votre condisciple, talibé de Serigne Moustapha Sy Al Amine,
notre guide, notre responsable moral, notre modèle de référence.

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