L’enquête sur l’agression survenue dans un établissement scolaire de Sanary-sur-Mer, dans le Var, progresse rapidement avec les premiers éléments fournis par le mis en cause. Placé en garde à vue, l’adolescent de 14 ans a livré aux enquêteurs un récit détaillé de son geste, confirmant non seulement la matérialité des faits mais également leur préméditation. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a rapporté les justifications avancées par le collégien, qui orientent les investigations vers un mobile lié à la vie scolaire.
Selon les informations communiquées par notre source Anadolu, le jeune garçon a immédiatement reconnu avoir poignardé sa professeure d’arts plastiques. Lors de son audition, il a expliqué avoir nourri une rancœur tenace à l’égard de l’enseignante, lui reprochant spécifiquement « d’avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l’application Pronote ». L’élève a qualifié ces signalements administratifs d’« injustes », affirmant que c’était cette perception qui avait généré chez lui « trop de haine ». Cette explication place un outil de suivi numérique courant au centre du passage à l’acte d’un mineur qui a déclaré qu’il « fallait qu’il le fasse ».
Les déclarations du procureur révèlent une préparation méthodique de l’agression. L’adolescent a indiqué avoir saisi un couteau dans la cuisine de son domicile le matin même, avec l’intention explicite de tuer sa professeure. Plus inquiétant, il a confessé avoir déjà envisagé de passer à l’acte la semaine précédente, transportant une arme au collège avant de renoncer par peur. La perquisition a permis de découvrir plusieurs armes blanches dans sa chambre, une collection qu’il justifie simplement par le fait qu’il « trouve ça stylé ».
Le profil dressé par le parquet contraste avec la violence des faits. Raphaël Balland a précisé que le mineur ne consomme aucune drogue, ne présente aucun problème médical connu et ne revendique aucune appartenance religieuse. Sa consommation de jeux vidéo reste modérée, ne dépassant pas deux heures par jour, et il n’a jamais subi de violences intrafamiliales. Après l’agression, l’élève a retourné sa violence contre lui-même, déclarant avoir ressenti une haine intense envers sa propre personne.
La victime, une enseignante de 60 ans, reste dans un état critique avec un pronostic vital engagé après avoir reçu plusieurs coups de couteau en pleine classe. Sur le plan judiciaire, la qualification d’assassinat a été retenue, faisant encourir au mineur une peine de 20 ans de réclusion criminelle, compte tenu de l’excuse de minorité.