Alors que les rues des grandes capitales occidentales se remplissent de manifestants iraniens, la pression diplomatique et militaire monte d’un cran entre Washington et Téhéran. En réponse à une situation intérieure explosive, la Maison Blanche opère un mouvement stratégique majeur en mer, tout en durcissant radicalement le ton sur l’issue politique du conflit.
La mobilisation de la diaspora iranienne atteint des niveaux inédits. De Munich à Los Angeles en passant par Toronto, des milliers de ressortissants ont répondu à l’appel pour une « journée mondiale d’action ». Ces rassemblements, soutenus notamment par Reza Pahlavi, fils du dernier Shah, visent à maintenir l’attention internationale sur la répression interne qui aurait fait des milliers de victimes lors des protestations du mois dernier. Mais au-delà de la rue, c’est sur le terrain militaire et diplomatique que se joue l’acte le plus critique de cette crise.
Le déploiement naval et la phrase choc de Trump
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le président américain Donald Trump a confirmé vendredi l’envoi d’un second porte-avions vers le Moyen-Orient. Ce renforcement capacitaire s’accompagne d’une rhétorique qui tranche avec les appels à la désescalade habituels. Depuis la Maison Blanche, le président américain a explicitement déclaré qu’un « changement de régime » en Iran serait « la meilleure chose qui puisse arriver ». Une prise de position qui vise directement la structure du pouvoir à Téhéran, alors que Washington exige toujours la fin de l’enrichissement d’uranium et la limitation du programme de missiles balistiques.
La stratégie du bouclier régional
Face à cette menace existentielle et militaire, le président iranien Masoud Pezeshkian tente de consolider un front diplomatique régional. Lors d’une conférence à Téhéran axée sur les investissements, il a publiquement remercié plusieurs voisins pour leur médiation visant à empêcher une attaque américaine. L’Azerbaïdjan, la Turquie, le Qatar, Oman et l’Arabie saoudite sont ainsi cités comme des acteurs clés œuvrant pour la stabilité. « Nous n’avons pas besoin de tuteur », a martelé le président iranien, avertissant qu’une guerre embraserait la totalité du Moyen-Orient.
Lourdes conséquences humaines
Sur le plan intérieur, la situation des droits humains demeure le moteur principal de la colère de la diaspora. Les organisations internationales, dont Amnesty International, alertent sur le sort des détenus. Le cas du champion de lutte de 18 ans, Saleh Mohammadi, condamné à une exécution publique à Qom, cristallise les inquiétudes. La Rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’Iran, Mai Sato, évoque des schémas de répression qui se répètent à grande échelle, dans un contexte où le filtrage d’Internet limite considérablement la circulation des informations sur le bilan réel des victimes.