Tensions États-Unis / Groenland : La réponse cinglante de Jens-Frederik Nielsen aux « fantasmes d’annexion » de Donald Trump

Les relations diplomatiques entre les États-Unis et le Groenland traversent une zone de turbulences suite aux récentes déclarations du président américain Donald Trump, qualifiant la prise de contrôle du territoire semi-autonome de « nécessité absolue ». Ces propos, tenus vendredi dernier face à la presse, ont provoqué une réaction immédiate et ferme du Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, qui a catégoriquement rejeté toute velléité d’annexion.

L’intérêt de Washington pour ce territoire stratégique riche en ressources minérales n’est pas nouveau, mais le ton s’est durci. Évoquant la concurrence des puissances rivales, le chef de l’État américain a justifié sa position par des impératifs de sécurité économique et géopolitique. « Nous allons faire quelque chose concernant le Groenland, qu’ils le veuillent ou non, parce que si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine prendront le contrôle », a averti Donald Trump, cité par l’agence Anadolu. Il a par ailleurs fait un parallèle controversé avec une récente action militaire au Venezuela, laissant entendre que les États-Unis pourraient agir « de la manière forte » si aucun accord n’était trouvé.

Cette rhétorique a été jugée « totalement inacceptable » par Jens-Frederik Nielsen. Le plus jeune Premier ministre de l’histoire du Groenland, entré en fonction en avril 2025, a dénoncé un manque de respect envers son peuple. « Lorsque le président américain parle de “besoin du Groenland” et nous associe au Venezuela et à une intervention militaire, ce n’est pas seulement faux. C’est irrespectueux », a-t-il martelé. Sur les réseaux sociaux, le dirigeant a adopté une ligne claire : « Ça suffit. Plus de pression. Plus d’insinuations. Plus de fantasmes d’annexion ».

Bien que son parti, les Démocrates, se définisse comme pro-entreprise et social-libéral, Jens-Frederik Nielsen a réaffirmé que le Groenland ne serait pas gouverné depuis Washington. Face à l’insistance américaine, il a précisé que si le territoire devait choisir entre les deux puissances, il opterait pour le maintien de ses liens avec le Danemark, privilégiant une approche graduelle vers l’indépendance. Une réunion diplomatique est d’ailleurs prévue ce mercredi à Washington, en présence du vice-président américain JD Vance, du secrétaire d’État Marco Rubio et des chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise.

Selon les observateurs, dont Pavel Devyatkin de l’Arctic Institute, le dirigeant groenlandais fait preuve d’un « pragmatisme impressionnant ». Tout en restant ouvert aux investissements américains, il refuse que le Groenland soit traité comme un simple trophée géopolitique, s’appuyant sur le soutien diplomatique de Copenhague pour contrer les pressions de l’administration Trump.

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