Tensions aux USA : Ce que le gouverneur du Minnesota exige désormais de Donald Trump après l’analyse des vidéos de la fusillade

La situation sécuritaire dans le Minnesota prend une tournure politique majeure après un nouveau drame impliquant des agents fédéraux. Alors que Minneapolis est sous tension suite à une série d’interventions controversées, les autorités locales remettent directement en cause la présence des forces envoyées par Washington. Le gouverneur de l’État a pris la parole ce dimanche pour confronter l’administration centrale, s’appuyant sur des éléments visuels qui mettent à mal la version officielle des faits.

Le gouverneur démocrate Tim Walz a sommé le président Donald Trump de retirer les agents fédéraux de l’immigration de son État. Cette exigence intervient au lendemain de la mort d’Alex Pretti, un infirmier en soins intensifs de 37 ans, abattu par la patrouille frontalière. Selon nos informations, relayées par Al Jazeera, il s’agit du deuxième décès de ce type dans la ville en moins de trois semaines, dans un contexte de répression accrue.

Lors d’un point presse tenu dimanche, Tim Walz s’est adressé directement au locataire de la Maison Blanche : « Quel est le plan, Donald Trump ? Que devons-nous faire pour que ces agents fédéraux quittent notre État ? » Le gouverneur qualifie ces agents de « non formés » pour ce type d’intervention urbaine.

Une version officielle contredite par les images

Le cœur du conflit réside dans le déroulement des faits survenus samedi. L’administration Trump, par la voix de hauts responsables, a affirmé qu’Alex Pretti avait l’intention de blesser les agents, évoquant la découverte d’un pistolet sur lui. Une ligne de défense similaire avait été adoptée après la mort de Renee Good, tuée dans sa voiture quelques semaines plus tôt.

Cependant, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par des médias américains présentent une réalité différente. Les images montrent qu’Alex Pretti ne tenait pas d’arme, mais un téléphone, alors qu’il tentait d’aider des manifestants bousculés. On y voit l’infirmier aspergé de gaz irritant et jeté au sol. Selon les éléments visuels disponibles, un agent semble retirer une arme de la possession de Pretti et s’éloigner avec, avant qu’un autre officier ne tire quatre fois dans le dos de l’homme, alors qu’il était déjà maîtrisé.

Contexte politique et tensions communautaires

Ce déploiement fédéral à Minneapolis, ville connue pour sa forte concentration d’immigrants somaliens, fait suite à des accusations relayées par des médias conservateurs concernant une supposée fraude financière. Donald Trump a amplifié ces allégations dimanche sur sa plateforme Truth Social, qualifiant la situation de « dissimulation criminelle ».

Keith Ellison, procureur général du Minnesota, a fermement rejeté cet argumentaire. « Il ne s’agit pas de fraude, car s’il avait envoyé des gens qui comprennent la comptabilité judiciaire, nous aurions une conversation différente. Mais il envoie des hommes armés et masqués », a-t-il déclaré.

Face à ces événements, plusieurs sénateurs républicains, dont Bill Cassidy, ont rejoint les appels pour une enquête conjointe fédérale et étatique. Le procureur général adjoint des États-Unis, Todd Blanche, a admis sur NBC que personne ne savait avec certitude si l’arme avait été retirée avant les tirs, justifiant ainsi la nécessité d’investigations approfondies.

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