L’intelligence artificielle ne se limite plus à la génération de textes ou d’images. Alors que la technologie cherche désormais à s’intégrer aux processus de fabrication complexes et aux réalités physiques du monde industriel, deux acteurs majeurs du secteur ont décidé de mutualiser leurs forces. Cette collaboration vise à franchir un nouveau cap en dotant les systèmes numériques d’une compréhension des lois de la physique.
Le groupe américain Nvidia et l’éditeur français de logiciels Dassault Systèmes ont officialisé, ce mardi, un partenariat de long terme. L’objectif est le développement d’une plateforme commune dédiée à l’intelligence artificielle industrielle. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette initiative doit permettre de dépasser les solutions actuelles en ancrant les systèmes d’IA dans des contraintes techniques réelles et des connaissances industrielles vérifiées.
Au cœur de cette stratégie se trouve la fusion des technologies de « jumeaux virtuels » de Dassault Systèmes avec l’infrastructure de calcul de Nvidia. Nvidia précise que cette combinaison permettra d’établir des « modèles industriels validés scientifiquement ». Concrètement, il s’agit de créer ce que les deux entités qualifient d’« IA physique ». Contrairement aux modèles de langage classiques, ces systèmes sont conçus pour comprendre et raisonner sur le monde réel, facilitant ainsi la conception et l’exploitation de produits complexes.
Cette alliance prévoit également un déploiement infrastructurel conséquent. Dassault Systèmes a annoncé l’installation d’« usines d’IA » via sa marque cloud Outscale. Ces installations reposeront sur l’architecture de Nvidia et seront déployées sur trois continents, avec une attention particulière portée à la souveraineté des données et à la protection de la propriété intellectuelle. De son côté, Nvidia utilisera les outils d’ingénierie de l’entreprise française pour développer ses propres plateformes, notamment pour son architecture Rubin.
Ce rapprochement s’inscrit dans la continuité d’une coopération technique vieille de plus de 25 ans entre les deux groupes, débutée avec l’intégration du logiciel Catia sur les processeurs graphiques américains.