Supposés essais nucléaires en 2020 : la conclusion technique opposée par l’instance de surveillance aux accusations américaines contre la Chine

Une nouvelle friction diplomatique majeure a émergé à Genève lors de la conférence des Nations unies sur le désarmement. Alors que Washington accuse formellement Pékin d’avoir mené des essais nucléaires secrets en violation des protocoles internationaux, l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) a livré son analyse des données sismiques et techniques enregistrées durant la période incriminée.

La charge est venue de Thomas DiNanno, sous-secrétaire d’État américain au contrôle des armements. Selon ce haut responsable, le gouvernement américain dispose d’informations indiquant que la République populaire de Chine a procédé à des essais d’explosifs nucléaires, impliquant des rendements de plusieurs centaines de tonnes. Ces activités auraient été dissimulées pour masquer la violation des engagements pris en matière d’interdiction des essais.

**Une date précise ciblée par Washington**

L’accusation américaine se veut spécifique. Thomas DiNanno a affirmé devant la conférence que l’un de ces essais produisant un rendement nucléaire aurait eu lieu le 22 juin 2020. Ces allégations ont été réitérées par le responsable sur les réseaux sociaux, plaidant pour une « nouvelle architecture » des accords de contrôle, quelques jours après l’expiration du traité New START avec la Russie.

**L’analyse des capteurs internationaux**

Face à ces affirmations, l’instance technique chargée de surveiller la planète a apporté une réponse factuelle basée sur son réseau de surveillance. Robert Floyd, secrétaire exécutif de l’OTICE, a indiqué dans un communiqué que le système de surveillance de l’organisation « n’a détecté aucun événement compatible avec les caractéristiques d’une explosion d’essai d’arme nucléaire » au moment des faits allégués par les États-Unis.

Robert Floyd a précisé que cette évaluation demeurait inchangée après des analyses détaillées supplémentaires menées par l’organisation.

**La réaction de Pékin**

Présent à la conférence, l’ambassadeur de Chine pour le désarmement, Shen Jian, a rejeté ces accusations. Sans répondre directement à chaque point technique soulevé par DiNanno lors de la séance, le diplomate a déclaré que Pékin avait toujours agi de manière responsable. Il a qualifié les déclarations américaines de tentatives de « distorsion et de diffamation » des capacités de défense nationale chinoises.

Sur les réseaux sociaux, Shen Jian a ajouté que la Chine avait toujours honoré son engagement envers le moratoire sur les essais nucléaires, accusant en retour les États-Unis d’être la principale source de risque pour la sécurité internationale par leurs actions négatives dans le domaine du contrôle des armements.

**Le contexte du traité CTBT**

Cette passe d’armes survient dans un cadre juridique complexe. La Chine, tout comme les États-Unis, a signé mais n’a pas ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE ou CTBT), qui bannit les explosions nucléaires. La Russie, qui l’avait ratifié, a retiré sa ratification en 2023.

Par ailleurs, le président américain Donald Trump a précédemment donné instruction à l’armée américaine de se préparer à une reprise des essais nucléaires, affirmant le 31 octobre que Washington commencerait à tester des armes nucléaires « sur une base d’égalité » avec Moscou et Pékin, sans toutefois préciser la nature exacte des tests envisagés. Selon des sources citées par Al Jazeera, les diplomates présents à la conférence ont qualifié les allégations américaines de nouvelles et préoccupantes.

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