Startups en Turquie : L’enveloppe débloquée en 2025 pour sortir de la seule logique de la licorne

Istanbul accueille actuellement le 9e Congrès international des jeunes entrepreneurs (UGİK’26), une plateforme stratégique où se dessinent les nouvelles orientations économiques de la Turquie. Au-delà des discours protocolaires, c’est la révélation d’un engagement financier massif de l’État en 2025 qui marque la volonté d’Istanbul de redéfinir son statut sur la carte mondiale de l’innovation.

L’ambition est clairement affichée : faire de la Turquie, et singulièrement d’Istanbul, un pôle d’attraction incontournable pour les entrepreneurs locaux et internationaux. Cette volonté politique, portée par le Bureau des investissements de la présidence turque, ne se limite pas à des intentions. Elle s’appuie sur une mobilisation concrète des ressources de l’État pour soutenir l’écosystème entrepreneurial, comme l’a détaillé Burak Daglioglu lors de l’ouverture de ce congrès organisé par la branche jeunesse de l’Association des industriels et hommes d’affaires indépendants (MUSİAD).

Un investissement record pour amorcer le virage technologique

Le président du Bureau des investissements a livré une donnée chiffrée qui illustre l’ampleur de la manœuvre en cours. Selon les éléments communiqués lors de l’événement, dont l’agence Anadolu est partenaire global de communication, près de 700 millions de dollars ont été investis rien qu’en 2025 dans des start-up technologiques en phase d’amorçage. Ce volume financier témoigne d’une accélération notable des mécanismes de soutien public.

Pour Burak Daglioglu, cette injection de capitaux répond à une vision précise : les entrepreneurs sont perçus comme le moteur capable de transformer l’innovation en valeur économique réelle. Cependant, le responsable a tenu à nuancer la finalité de cette course à la croissance. L’objectif ne doit pas être uniquement de devenir une « licorne » — ces startups valorisées à plus d’un milliard de dollars — mais de privilégier l’impact généré et la valeur créée pour la société.

Une transition historique plutôt qu’une crise

Le contexte mondial, marqué par la fragmentation des chaînes d’approvisionnement, a également été analysé par Burhan Ozdemir, président du MUSIAD. Loin de céder au pessimisme, il décrit la période actuelle non comme une crise, mais comme une « transition historique » favorable à l’émergence de nouveaux leaders. Cette reconfiguration des équilibres de puissance offre, selon lui, une opportunité aux acteurs maîtrisant l’intelligence artificielle, la transition énergétique et l’économie des données.

Cette vision s’accompagne d’un appel à un changement de paradigme pour la jeune génération. « L’ancien système interrogeait l’homme d’affaires sur ses profits. Votre génération devrait se demander ce qu’elle construit », a souligné M. Ozdemir, invitant les jeunes entrepreneurs à dépasser la simple maximisation du profit pour s’orienter vers l’édification de normes éthiques solides.

Les défis identifiés pour la jeunesse mondiale

Les discussions ont également permis de mettre en lumière les obstacles sociétaux auxquels fait face la relève entrepreneuriale. Omer Faruk Celik, président du comité exécutif de l’UGIK, a pointé trois défis majeurs issus d’études de terrain : une crise d’identité, un affaiblissement de la culture de l’effort face à l’instantanéité, et un manque d’orientation vers la responsabilité sociale.

De son côté, Magsum Usta, président de Genc MUSIAD, a insisté sur la nécessité de la patience et de la discipline, qualités parfois absentes chez une génération pourtant louée pour sa rapidité d’apprentissage et son audace. Le congrès, placé sous le thème « Future: Today », se poursuit avec divers panels visant à offrir une nouvelle vision à cette jeunesse mondiale en quête de repères.

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