Soutien à Macky Sall : Talla Sylla contre-attaque et met le régime au défi sur ce texte de loi précis

La polémique enflait depuis sa prise de position en faveur de la candidature de l’ancien chef de l’État au poste de Secrétaire général des Nations unies. Cible de critiques virulentes, Talla Sylla a choisi les colonnes du journal Le Quotidien pour livrer une réplique cinglante, renvoyant ses détracteurs et les tenants actuels du pouvoir à une contradiction juridique majeure qu’ils détiennent pourtant le pouvoir de lever.

La sortie n’est pas passée inaperçue. Alors que son appel à soutenir la candidature sénégalaise pour le poste de Secrétaire général de l’ONU a provoqué ce qu’il qualifie de « réactions épidermiques », Talla Sylla refuse de faire profil bas. L’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, figure historique de l’opposition sous les régimes précédents, ne se contente pas de justifier sa position diplomatique : il place le nouveau régime face à ses responsabilités concernant la gestion du passif politique et judiciaire.

La légitimité historique comme bouclier

Avant d’aborder le fond du débat juridique, Talla Sylla a tenu à rappeler son parcours pour contrer les leçons de « patriotisme sélectif ». Évoquant un combat débuté le 25 février 1980 à l’âge de 14 ans, il rappelle avoir affronté « les balles, les matraques et l’arbitraire » bien avant l’avènement des réseaux sociaux ou l’élection de 2024. Une manière de souligner que son « casier judiciaire politique est vierge de toute compromission », ayant démissionné de ses fonctions de ministre-conseiller en juillet 2023 par désaccord de conscience.

Le défi de l’amnistie

C’est sur le terrain judiciaire que la tribune prend une tournure plus offensive. Répondant à ceux qui invoquent la mémoire des victimes pour s’opposer à toute promotion internationale de Macky Sall, Talla Sylla pointe du doigt le « silence assourdissant » autour de la loi d’amnistie. Selon lui, cette loi, qu’il affirme avoir combattue, profite aujourd’hui en premier lieu à ceux qui gouvernent, leur ayant permis d’être élargis de prison.

L’argumentaire repose sur une logique implacable : si les autorités actuelles souhaitent réellement que la lumière soit faite et que Macky Sall réponde de ses actes, elles disposent de tous les leviers — majorité parlementaire, décret, loi — pour abroger ce texte. « On ne peut pas, d’une main, utiliser une loi d’amnistie pour accéder au pouvoir et gouverner tranquilles, et de l’autre, agiter le souvenir des victimes pour empêcher un rayonnement diplomatique du Sénégal », écrit-il, qualifiant cette posture d’« hypocrisie politique ».

L’enjeu géostratégique

Au-delà de la politique intérieure, Talla Sylla insiste sur la nécessité de dissocier les querelles partisanes des intérêts supérieurs de la nation. Pour lui, la diplomatie s’apparente à une « guerre froide » où l’absence du Sénégal profiterait immédiatement à des concurrents comme le Rwanda ou le Kenya.

Il appelle ainsi à une « hauteur de vue » qui consiste à distinguer l’homme de la fonction. « Le Sénégal survivra à Macky Sall, il survivra à Bassirou Diomaye Faye », conclut-il, exhortant les acteurs politiques à ne pas laisser le pays devenir une « petite nation confite dans ses ressentiments » face aux opportunités que l’Histoire lui tend.

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2 commentaires

  1. Talla Sylla on t’a écouté et compris mais Macky ne sera jamais soutenu par le Sénégal.

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