Sous le prisme d’une « algèbre secrète » du texte sacré, la théorie développée par Mamadou Lamine Diallo concernant la vie sur d’autres planètes

Connu pour son parcours d’économiste et d’ingénieur autant que pour son engagement politique, Mamadou Lamine Diallo investit le champ de la recherche spirituelle avec la publication de son quatrième ouvrage. À travers une méthodologie qu’il qualifie d’« algèbre secrète », l’actuel conseiller à la mairie de Dakar propose une grille de lecture analytique des textes sacrés, visant à établir des ponts rigoureux entre la foi islamique et les découvertes scientifiques modernes.

Intitulé « À la recherche du code divin : Une algèbre secrète du Coran », cet essai préfacé par le philosophe Souleymane Bachir Diagne marque une rupture avec les approches purement théologiques traditionnelles. L’auteur, issu de l’École polytechnique et de l’École des mines de Paris, y développe une démarche interrogative destinée à extraire les « lois scientifiques » inscrites en filigrane dans le Livre Saint. Cette recherche l’a conduit à consulter diverses figures religieuses et universitaires, tant au Sénégal qu’à l’international, pour éprouver ses hypothèses face à la physique, l’histoire et la biologie.

Au cœur de sa réflexion réside une théorie singulière sur l’origine et l’expansion de la vie. En analysant les versets relatifs à la création de l’homme, Mamadou Lamine Diallo s’est intéressé à la nature précise de l’argile mentionnée. Selon ses travaux rapportés par Sud Quotidien, cette matière correspondrait aux silicates, des minéraux abondants dans la croûte terrestre. De cette identification géologique, l’auteur tire une déduction cosmique : la présence simultanée de silicates et d’eau sur d’autres planètes pourrait, selon lui, abriter des formes de vie extraterrestres.

Cette approche, que l’ancien député reconnaît lui-même comme audacieuse, se veut un appel à l’ouverture intellectuelle. Invoquant la figure de Galilée pour illustrer la nécessité de dépasser les dogmes établis, Mamadou Lamine Diallo exhorte les intellectuels musulmans à ne pas laisser le monopole de la science aux autres civilisations. Pour lui, la pensée islamique doit intégrer cette rigueur scientifique pour « découvrir les lois de la nature » et participer activement à la marche du monde. Il soutient que l’« algèbre du Coran » mérite d’être enseignée avec la même exigence que la grammaire arabe ou les Hadiths, afin de renouveler la compréhension du texte sacré.

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Un commentaire

  1. Faites donc le nécessaire au niveau de l’Assemblée nationale. Un bon début serait d’intégrer les mathématiques islamiques dans le curriculum éducatif, afin que tous les Sénégalais sachent que sans les savants arabes, il n’y aurait pas de mathématiques modernes. L’exemple même de l’algorithme en témoigne : sans Algoritmi — Muḥammad ibn Mūsā al‑Khwārizmī — il serait difficile de parler aujourd’hui d’intelligence artificielle ou de calcul formel.
    Sans entrer dans les détails, des silicates, des minéraux déjà connus et de l’eau ne suffisent pas à constituer la vie. Où sont passés les microorganismes unicellulaires, les enzymes catalyseurs, les mécanismes d’auto‑réplication? Lorsqu’on veut défendre la pertinence — déjà solide et tangible — de la science coranique, il faut être intellectuellement armé. Votre théorie, en l’état, manque de rigueur et s’effondrera au premier examen sérieux. Revoyez votre argumentaire et proposez une démonstration aussi robuste et irréfutable que celles qu’avait su produire Cheikh Anta Diop, notamment avec l’usage du carbone 14. Vous pouvez captiver une assemblée de croyants, mais vous ne convaincrez pas la communauté scientifique avec une approche aussi fragile.
    Cela dit, il est agréable, pour une fois, de sortir des débats politiques (rires). Et il est réjouissant de constater qu’il existe encore de la matière grise au Sénégal. Ne vous découragez surtout pas. Au contraire, poursuivez vos recherches. Je me réjouis également que vous ayez évité le terrain glissant du « Big Bang », souvent associé — à tort — à une philosophie du chaos ou à l’absence d’action divine dans les traditions judaïque, chrétienne et islamique.
    Bonne lecture et excellent dimanche.

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