Sous le feu des critiques après la finale, l’arbitre Jean-Jacques Ndala réactive malgré lui un constat dressé il y a quatorze ans

La défaite des Lions de l’Atlas en finale de la CAN face au Sénégal (1-0) continue d’alimenter les conversations, non pas uniquement sur le plan technique, mais en raison de la prestation jugée défaillante de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala. Si l’indignation est vive, elle n’est pourtant pas nouvelle. En se penchant sur les archives, une réalité structurelle du football continental refait surface, rappelant que les mêmes maux produisent les mêmes effets depuis plus d’une décennie.

Nos confrères de Sud Quotidien ont exhumé une analyse datant du 5 octobre 2012, signée Abdoulaye Thiam, dont la pertinence résonne étrangement avec l’actualité immédiate. À l’époque déjà, la question de l’impartialité et de la compétence des « hommes en noir » minait les compétitions. Ce document rappelle que la récusation d’arbitres était devenue une arme diplomatique pour les fédérations : le TP Mazembe avait rejeté le Tunisien Jeididi Slim, tandis que le Cameroun s’était opposé à la présence du Sud-Africain Jérôme Damon lors d’un déplacement à Dakar. Le Gabon, quant à lui, n’avait pas hésité à qualifier le Mauricien Seechurn Rajindraparsad de « mercenaire ».

**Une histoire de pressions et de décisions litigieuses**

Le Sénégal, souvent victime de ces errances, entretient un rapport complexe avec le corps arbitral africain. L’article source remémore des épisodes marquants, comme les critiques acerbes contre le Camerounais Raphaël Evehe Divine ou le Marocain Bouchaïb El Ahrach. Me Augustin Senghor, président de la Fédération Sénégalaise de Football, adoptait déjà à l’époque une posture prudente mais ferme. Refusant la récusation systématique pour ne pas verser dans la paranoïa, il soulignait néanmoins la nécessité d’un traitement équitable : « Nous ne demandons pas à être favorisés mais nous ne voulons pas être ceux qui sont lésés à chaque rencontre ».

Les joueurs, premiers acteurs sur le terrain, ont souvent exprimé leur impuissance face à cette autorité absolue. L’ancien capitaine Papiss Demba Cissé résumait cette frustration avec lucidité : « L’arbitre peut tout faire parce que c’est le seul maître du terrain. Je suis désolé de dire cela, mais c’est la réalité ».

**Quand le politique s’en mêle**

L’histoire retient également que ces tensions ont parfois dépassé le cadre sportif. En 2011, suite à un arbitrage contesté de l’Angolais Martins de Carvalho Helder à Yaoundé, le Premier ministre de l’époque, Souleymane Ndéné Ndiaye, avait publiquement réclamé le départ d’Issa Hayatou, alors patron de la CAF, qualifiant la situation de « scandale ». Des précédents qui démontrent que la prestation de Jean-Jacques Ndala s’inscrit dans une longue lignée de controverses incluant des penalties oubliés – comme celui sur Diomansy Kamara en 2006 face à l’Égypte – et des décisions influençant directement le sort des compétitions.

En rejoignant cette liste décriée, l’arbitre de la finale 2026 confirme, selon la lecture de nos confrères, que l’arbitrage demeure le véritable « talon d’Achille » du football africain.

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