La montée des tensions dans le Golfe connaît un nouveau développement diplomatique majeur. Alors que le porte-avions USS Abraham Lincoln vient de se positionner dans la région, alimentant les craintes d’une confrontation directe, un échange téléphonique stratégique a eu lieu ce mardi entre le président iranien Masoud Pezeshkian et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. Cet entretien intervient dans un contexte marqué par les menaces réitérées de l’administration américaine et les spéculations sur une éventuelle action militaire contre Téhéran.
**Une convergence diplomatique face aux pressions américaines**
Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, le président iranien a profité de cet échange pour dénoncer les manœuvres de Washington. Masoud Pezeshkian a qualifié les menaces américaines de facteurs de déstabilisation régionale, affirmant qu’elles « ne permettront d’atteindre aucun autre résultat que l’instabilité ». Le dirigeant iranien a également souligné que les pressions économiques et les ingérences extérieures n’avaient pas entamé la résilience de son pays.
En réponse à ces inquiétudes, Mohammed ben Salmane a tenu un discours d’apaisement particulièrement net. D’après le communiqué officiel de la présidence iranienne, le prince héritier a réaffirmé l’engagement de l’Arabie saoudite en faveur de la stabilité et du développement régional. Plus significatif encore, le dirigeant saoudien a explicitement déclaré que Riyad « rejette toute forme d’agression ou d’escalade contre l’Iran », marquant ainsi une distance claire vis-à-vis des options militaires envisagées par les États-Unis.
**Mise en garde militaire et contexte régional**
Cette assurance saoudienne survient alors que les forces armées iraniennes ont élevé leur niveau de vigilance. Un commandant du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) a émis mardi un avertissement explicite aux pays voisins. Mohammad Akbarzadeh, adjoint politique des forces navales du CGRI, a précisé que si les pays frontaliers sont considérés comme des amis, leur statut changerait radicalement « si leur sol, leur ciel ou leurs eaux sont utilisés contre l’Iran », les qualifiant alors d’hostiles.
Le déploiement de l’USS Abraham Lincoln ordonné par le président Donald Trump fait suite à la répression des manifestations en Iran et s’inscrit dans la continuité des attaques menées en juin dernier contre des installations nucléaires iraniennes. Washington maintient officiellement une position d’ouverture aux négociations, un responsable américain ayant déclaré lundi que les États-Unis étaient « ouverts aux affaires » si Téhéran acceptait les conditions posées.
**L’impasse des négociations**
Cette perspective de dialogue sous contrainte est jugée irréaliste par les observateurs. Ali Vaez, directeur du projet Iran à l’International Crisis Group, estime que les chances de voir l’Iran céder aux exigences américaines sont « proches de zéro », les dirigeants iraniens considérant que le compromis sous la pression ne fait qu’inviter davantage de pression.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a conclu en rappelant l’interdépendance sécuritaire de la zone : « Les pays de la région savent parfaitement que toute atteinte à la sécurité dans la région n’affectera pas seulement l’Iran. L’insécurité est contagieuse. »