Sept policiers abattus et des prisons en révolte : la réponse constitutionnelle immédiate du président Arevalo

Une flambée de violence coordonnée a secoué la capitale guatémaltèque ce week-end, plongeant le pays dans une crise sécuritaire majeure. Alors que des membres de gangs prenaient le contrôle de plusieurs établissements pénitentiaires et ciblaient les forces de l’ordre à l’extérieur, l’exécutif a dû recourir, ce dimanche, à un dispositif légal d’exception pour tenter d’endiguer la menace.

Face à cette situation insurrectionnelle, le président Bernardo Arevalo a décrété l’état d’urgence pour une durée de 30 jours. Cette mesure, annoncée lors d’une allocution nationale, confère des pouvoirs accrus aux forces de sécurité. Concrètement, elle permet aux officiers de procéder à des arrestations et des interrogatoires sans mandat judiciaire préalable, tout en restreignant certaines libertés civiles. Bien que d’application immédiate, cette décision devra être ratifiée par le corps législatif du Guatemala.

**Une riposte sanglante des gangs**

L’origine de cette crise remonte à samedi, lorsque l’administration pénitentiaire a entrepris de limiter les privilèges accordés à certains chefs de gangs incarcérés. Parmi eux figure Aldo Duppie, alias « El Lobo », leader de la redoutable organisation Barrio 18. En réaction à ces restrictions, des détenus ont déclenché des émeutes simultanées dans trois prisons, prenant en otage 46 gardiens et membres du personnel.

La situation a rapidement débordé hors des murs des prisons. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, des attaques de représailles ont visé la police dans la capitale. Le bilan fait état d’au moins sept policiers tués et dix blessés. Le ministre de l’Intérieur, Marco Antonio Villeda, a directement lié ces assassinats aux actions de l’État contre les structures criminelles.

**Libération des otages et reprise en main**

Les forces de l’ordre, appuyées par l’armée, ont mené des raids éclairs tôt dimanche matin pour reprendre le contrôle des centres de détention. Le président Arevalo a confirmé que tous les otages avaient été libérés. Des images diffusées par les autorités montrent le chef du Barrio 18, « El Lobo », sous la garde des forces de sécurité, vêtu d’une chemise ensanglantée après l’intervention.

« Ces meurtres ont été perpétrés avec l’intention de terroriser les forces de sécurité et la population pour que nous abandonnions la lutte contre les gangs et leur régime de terreur. Mais ils échoueront », a martelé le chef de l’État, décrétant trois jours de deuil national.

**Un contexte de lutte contre le crime organisé**

Le Barrio 18 et sa rivale, la Mara Salvatrucha (MS-13), sont au cœur de l’instabilité sécuritaire dans la région. Ces groupes avaient été désignés comme « organisations terroristes étrangères » par l’administration du président américain Donald Trump, une qualification adoptée ensuite par le Congrès guatémaltèque. Face à la persistance de la menace, le ministre de la Défense, Henry Saenz, a assuré que l’armée resterait déployée dans les rues pour poursuivre la répression.

De son côté, l’ambassade des États-Unis à Guatemala City, qui avait ordonné à son personnel de se confiner durant le week-end, a levé cette restriction dimanche suite à l’apaisement relatif de la situation.

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