La salle de conférence du Conseil départemental de Saint-Louis a servi de cadre, ce jeudi 12 février 2026, au lancement d’une initiative ciblant directement l’architecture administrative de la nutrition. Porté par une coalition d’acteurs locaux et internationaux, ce nouveau dispositif entend corriger la dispersion des efforts dans la lutte contre la malnutrition en réorganisant la chaîne de décision locale.
Doté d’une enveloppe de 176 millions FCFA (environ 260 000 euros), le « Projet d’Appui à la Gouvernance de la Nutrition » s’étalera sur une période de 24 mois. La mise en œuvre est assurée par l’ONG Eau Vie Environnement, soutenue financièrement par la Fondation privée espagnole Nous Cims et accompagnée sur le plan stratégique par le Conseil National de Développement de la Nutrition (CNDN). L’objectif technique est d’assurer une utilisation optimale des ressources pour pérenniser les interventions nutritionnelles.
Comme le note Sud Quotidien, le projet prévoit la création de comités de développement de la nutrition aux échelles départementale et communale. Cette structuration vise une approche multisectorielle, incluant l’amélioration des services de santé. Cheikh Paté Fall, référent technique à l’ONG Eau Vie Environnement, précise que l’initiative vient en appui à la politique nationale pour « produire plus d’impact et de pérennisation » des actions menées, à travers un partenariat étroit avec la société civile.
Présidant la rencontre, le préfet du département de Saint-Louis, Abou Sow, a mis en exergue le paradoxe administratif qui entoure ces questions. L’autorité préfectorale souligne que si la nutrition n’est pas formellement une compétence transférée, elle « s’impose aujourd’hui aux collectivités territoriales ». Le préfet insiste sur la nécessité de fédérer les interventions — souvent dispersées entre l’État et les territoires — pour garantir l’efficience des actions, afin que chaque franc investi produise des résultats mesurables sur le terrain.
Personne ne parle plus de la brèche !