Réformer pour mettre notre économie sur orbite !, par Ousmane Kanté

Réformer pour mettre notre économie sur orbite !, par Ousmane Kanté
Il nous faut un courage d’acier pour réformer notre secteur financier, qui à l’état actuel des choses favorise plus les capitaux étrangers que l’argent des Sénégalais. Le gouvernement doit oser des réformes et revoir complètement le fonctionnement de notre système bancaire, qui n’a aucune utilité réelle à notre économie.
 
Nos TPE et PME rencontrent des problèmes titanesques pour lever des crédits d’investissement ou de fonctionnement auprès des banques installées dans notre pays. La conséquence est que nos entreprises locales ne sont pas performantes et sont condamnées à la faillite.
Les investissements des banques sénégalaises dans le secteur privé évalués entre 8 et 12%, sont nettement inférieurs à ceux de la Côté d’Ivoire qui dépassent les 80%. Pourtant, nous sommes tous dans l’UEMOA où la BCEAO régule et contrôle les activités bancaires des états membres.
 
Pour corriger ces écarts, je propose la mise en place d’une grande banque économique nationale  » GBEN ». Cette grande banque réunira en son sein : la CNCAS, Fongif, le Foncif, la BNDE. Cette nouvelle structure aura le rôle de banque de financement, d’investissement et d’épargne. Cette mesure obligera le secteur bancaire à être plus réactif et souple aux demandes de nos chefs d’entreprises locales (PME, PMI, TPE TPI). Sans cela, les banques et instituts financiers privés vont continuer d’étouffer notre économie. Ils ne jouent pas leur partition et pourtant ils sont sur liquides.
 
Certains pays comme la Chine, l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire ont réussi cette réforme. En ce qui concerne nos entreprises nationales, plusieurs réformes sont envisageables. L’exemple de la Poste est illustratif, elle ne joue pas assez son rôle dans l’essor de l’économie sénégalaise, elle doit s’inspirer de la France et des USA.
 
Certes, elle doit faire sa mission de service publique mais elle doit aller au-delà en créant de la valeur ajoutée, des richesses et des emplois durables. Elle est une organisation outillée et présente dans tous les coins du Sénégal. A quoi servent ses activités de Colis-poste, Poste-Finance ? On ne sent pas leur dynamisme dans l’économie du pays. Nous devons organiser l’implantation des entreprises sur notre territoire, de telle sorte que leurs capitaux soient intégrés dans un « capital Sénégalais local ».
 
Cette diversité du capital ralentirait, à défaut d’éradiquer la fuite des capitaux hors du pays. Les marchés des gros travaux de l’État doivent favoriser les entreprises nationales ou imposer à tout grand groupe qui gagnerait un marché public d’être en « joint venture  » avec une entreprise locale pour l’exécution du contrat. – Intégrer tous les bras du Sénégal et surtout les détenus sous certaines conditions.
 
Notre pays n’a pas les moyens de nourrir des milliers et des milliers de prisonniers. Ces derniers peuvent aller travailler contre salaire et sous supervision de l’armée dans des fermes agricoles. L’émergence économique nécessite tous les bras sans exception. Pour l’éducation, l’enfant doit être placé au cœur du système socio éducatif. L’épanouissement des écoliers dans les écoles est une condition impérative pour leur réussite. L’État doit mettre dans chaque école une cantine scolaire. Les cantines scolaires peuvent être financées par des programmes de partenariat public-Privé. ou bien dans le cadre du RSE, responsabilité sociétale des entreprises avec les grandes entreprises présentes dans le pays telles que les banques, les Telecom, les mines, etc.
 
Ousmane KANTE
Président Association Akmd
ousmanekante@laposte.fr

 

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