Récurrence des incendies dans nos marchés – les règles élémentaires de sécurité bafouées (Par Baye Salla MAR)*
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Récurrence des incendies dans nos marchés – les règles élémentaires de sécurité bafouées (Par Baye Salla MAR)*

1). Quelques dates repères
Octobre 2013 – Incendie au marché Sandaga
Novembre 2017 – Incendie au Parc Lambaye de Pikine
Avril 2017 – Incendie au marché Hlm
Mai 2019 – Incendie au marché Sandaga (centre commercial El Malick)
Octobre 2020 – Incendie au Parc Lambaye de Dakar
Novembre 2020- Incendie au Marché Ocass de Touba
Ce 07 mars 2022- bis répétita, Incendie au Parc Lambaye de Dakar

Sept (7) dates repères, un même désastre qui résume à lui seul la récurrence d’un même phénomène et d’une énième fragilisation d’un pan entier de notre moteur économique.

2). Le destin des marchés est très souvent lié au destin de ces braves hommes et femmes qui y exercent leurs activités professionnelles et celui des populations environnantes qui y habitent. Nous commencerons tout d’abord par marquer notre solidarité à l’endroit des personnes qui ont subi des pertes énormes en dégâts matériels.

3). Vu la récurrence du phénomène qui continue de frapper le cœur du secteur informel qui en pâtit le plus, la machine de la négligence doit disparaître au détriment de la révolution dans les idées et dans les actes. L’heure n’est plus à la tristesse, mais à l’action. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les comportements inacceptables, aux antipodes des normes de sécurité, que nous constatons chaque jour dans nos marchés. Les incendies qui y font lésion et leur aggravation ont souvent pour causes : court-circuit, branchements clandestins, installations anarchiques, bâtiments vétustes, absence de bouche d’incendie, prolifération de cantines précaires, absence de système de détection de feux , absence d’alarme, absence d’issue de secours, absence d’extincteurs, étroitesse des voies publiques, occupation anarchique et encombrements des artères publiques, absence de parking, mauvaise gestion, etc.

4). Le problème d’une expérience qu’on vit pour la première fois, c’est la gestion des incertitudes; ces causes et conséquences qu’on ne peut pas prédire à l’avance et avec finesse, et qu’on ne comprendra qu’ex post. Conséquence, il y’aura une erreur sur l’attribution des causes et du coup, il y’aura une très forte probabilité que les premières tentatives de réponses aux problèmes n’y changent rien voire l’aggravent.

5). Quand le désastre dévient répétitif, surtout dans ce cas de figure où la mort économique précède souvent la mort sociale, on comprend que la racine du mal se trouve dans l’ADN même de nos pratiques quotidiennes avec leur lot de pertes en vies humaines et/ou en dégâts matériels.

6). Il est évident et connu de tous que dans nos marchés, les règles élémentaires de normes de sécurité, de prévention, de prévision et de protection sont toujours bafouées et foulées au pied chaque jour. Les recettes miracles, les emplâtres, la pollution sonore, la divagation des animaux, la prolifération des déchets, les odeurs nauséabondes, la persistance dans l’erreur sans tenir compte des alertes font lésion, les rafistolages censés guérir les maux graves reviennent toujours, laissant ainsi les problèmes chroniques toujours suppurés, toujours resurgir, encore, encore et encore.

7). Une critique objective permet d’améliorer le système dans lequel l’on baigne. Au Sénégal, nous sommes dans un pays où, dès que tu critiques, tu deviens soit un envieux ou soit un aigri ; on n’examine pas ton argument mais ta position. Le dire ce n’est pas accusé, mais c’est pousser à voir comment corriger les erreurs commises et avancer dans un cycle d’amélioration continue.

8). Si par hasard, il y’a dans ce pays, une loi du silence qui fait qu’à chaque ‘’bêtise humaine ‘’ l’on se contente juste de se lamenter, de s’apitoyer sur notre sort et d’oublier, bonjour les dégâts collatéraux. On peut, alors, en déduire que nous sommes, tous, complice de pratiques qui sont à dénoncer. Même si la crosse de la négligence et des mauvaises pratiques a laissé sa marque, il urge de changer de fusils d’épaule, sinon, d’autres incendies ravagerons d’autres marchés et les braises ardentes, sous des tas d’amas de débris carbonisés et des colonnes de fumée, y continueront toujours à souffler.

9). L’on se socialise en acceptant les règles établies, et l’on se construit en étant autonome. Devant le défis à relever, on doit forcément choisir entre ce qui est collectif et le chacun pour soi. Nous savons tous, que le chacun pour soi n’a jamais rien réglé. Vivre en société n’est rien d’autres qu’établir des règles et essayer de s’y conformer

10). Pour une gestion durable de nos marchés, nous invitons l’Etat à accélérer ce programme national de modernisation des marchés et accompagner les collectivités territoriales dans la mise aux normes des bâtiments publics, en mettant en avant la démarche QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement) avec en filigrane le principe des 3P (Prévention, Protection, Prévision).

11). Rappel des engagements de l’Etat du Sénégal en Novembre 2020- « On a dénombré durant les 5 dernières années pas moins de 70 incendies dans les différents marchés établis sur le territoire national.- le gouvernement a réfléchi et est en train de mettre en œuvre un vaste programme de modernisation des marchés incluant naturellement la réalisation ou la réhabilitation de certaines infrastructures mais aussi de certains ouvrages » Déclaration de Antoine Félix Diome face à la Presse le 24 Nov 2020 après l’incendie du Parc lambaye de Dakar.

* Président Alliance des Ecologistes du Sénégal (ADES)
(Suxaliku Gu sax daak)

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1 commentaire

  1. cisse

    il faut y ajouter les multiples incendies de PETERSEN