Ramadan en France : entre divergences calendaires et ferveur spirituelle

Le mois sacré du Ramadan a débuté en France dans une atmosphère de ferveur populaire, malgré une légère cacophonie institutionnelle. Tandis que le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et la Grande Mosquée de Paris (GMP) annonçaient des dates de début divergentes, les fidèles, eux, n’ont pas laissé ce flottement altérer l’enthousiasme qui accompagne cette période de jeûne, de prière et de partage.

Cette divergence, fixant le commencement du jeûne au mercredi pour les uns et au jeudi pour les autres, a certes semé un trouble passager. Mais sur le terrain, notamment à Nice, la communauté a rapidement trouvé ses marques. Dès mardi soir, suivant l’avis de la GMP, de nombreuses mosquées affiliées à la Fédération Azuréenne des Mosquées et Institutions Islamiques (FAMI) ont accueilli des centaines de fidèles pour les prières de Tarawih, marquant solennellement l’entrée dans le mois béni.

Pour beaucoup, cette question de calendrier reste anecdotique. C’est le cas de Samy, chauffeur-livreur dans les Alpes-Maritimes, pour qui ces désaccords, bien que « dommageables », n’« entachent en rien l’état d’esprit » du moment. « On attend ce moment toute l’année », confie ce père de deux enfants, évoquant « la plus belle période de l’année » faite de repas en famille, de retrouvailles à la mosquée et d’entraide. La solidarité est au cœur de son engagement : avec des amis, il organisera des maraudes pour venir en aide aux plus démunis et collectera des fonds pour des familles dans le besoin.

Même son de cloche chez Tatiana, mère de quatre enfants convertie à l’Islam il y a une vingtaine d’années. Qualifiant les débats calendaires d’« accessoires », elle se réjouit de pouvoir enfin « préparer de bons plats » et de profiter de « moments de partage tellement importants par les temps qui courent ». Chez elle, le Ramadan est une affaire de famille où chacun participe, une manière, explique-t-elle, de « responsabiliser les enfants » et de leur inculquer « l’importance de l’entraide et du partage ». Car le temps est précieux : « Le mois va passer tellement vite et très rapidement on regrettera qu’il soit déjà fini », philosophe-t-elle.

Au-delà des communiqués officiels, c’est donc un Ramadan de la fraternité et de la spiritualité qui a commencé pour les musulmans de France. Un mois où la générosité et le lien social priment, rappelant que l’essence de cette pratique réside avant tout dans le cœur des fidèles.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire