« Les Hautes trahisons du corps »: Quand la fiction devance l’ actualité…

Les Hautes trahisons du corps, premier roman de Assane Kama, résonne aujourd’hui avec une force troublante au regard de l’actualité marquée par des arrestations liées à des faits de contamination volontaire au VIH.

Dans ce livre, l’auteur explore les zones les plus sombres de l’âme humaine : la vengeance, la méchanceté, l’infidélité et surtout cette dérive ultime où la souffrance personnelle devient un projet de destruction d’autrui. Ngor et Mame Diodio, personnages centraux du roman, apprennent leur séropositivité et, au lieu de chercher secours ou rédemption, choisissent délibérément de transmettre la maladie.

Un funeste projet, né du désespoir, mais aussi d’un effondrement total des repères moraux. Ce que l’actualité nous rappelle aujourd’hui, comme la littérature hier, c’est une vérité simple mais dérangeante :la maladie peut être une épreuve, mais la contamination volontaire est un crime moral et social. La souffrance n’autorise ni la vengeance, ni la mise en danger consciente d’autrui. À travers ce roman, Assane Kama ne parle pas seulement du VIH. Il parle d’une société en perte de boussole, où le corps devient une arme, où le secret est trahi, où la responsabilité individuelle s’effondre. Et la chute des personnages est sans appel : nul ne sort indemne des hautes trahisons du corps. À l’heure où l’opinion publique est secouée, la littérature nous rappelle que la prévention, l’éthique et la responsabilité restent nos seules protections durables.

Joseph KAMA, Étudiant en formation à CESTI.

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