Confronté à une situation économique critique et à l’isolement diplomatique de ses alliés traditionnels, le président cubain Miguel Diaz-Canel a officiellement exprimé la volonté de son gouvernement d’engager des discussions avec l’administration américaine. Cette main tendue intervient alors que l’île traverse une crise énergétique sans précédent, exacerbée par les récents bouleversements géopolitiques au Venezuela.
Lors d’une conférence de presse d’urgence tenue à La Havane, le chef d’État a affirmé que « Cuba est disposée à dialoguer avec les États-Unis ». Miguel Diaz-Canel a toutefois précisé le cadre de ces éventuels échanges, insistant pour qu’ils se déroulent « sans pression, sans conditions préalables, sur un pied d’égalité et dans le respect de notre souveraineté ». Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, il s’agit de la première prise de parole publique du dirigeant sur ce dossier depuis l’escalade des tensions avec Washington.
Cette initiative diplomatique s’inscrit dans un contexte d’urgence absolue pour l’île caribéenne. Le réseau électrique national, bien que soutenu à hauteur de 1 000 mégawatts par les centrales solaires (une hausse de 7 %), ne parvient pas à combler le déficit laissé par l’effondrement des approvisionnements pétroliers. La rupture de la chaîne d’approvisionnement est une conséquence directe de l’opération ordonnée par le président Donald Trump à Caracas, ayant abouti à l’arrestation et au transfert à New York du président vénézuélien Nicolas Maduro. Cet événement a stoppé net les livraisons de pétrole vénézuélien, vitales pour l’économie cubaine.
L’administration Trump a par ailleurs intensifié la pression en imposant des droits de douane dissuasifs à tout pays tiers, notamment le Mexique, tentant de fournir du brut à La Havane. Face aux accusations américaines, Miguel Diaz-Canel a tenu à rappeler qu’il n’y avait « pas de forces militaires étrangères ni de bases à La Havane », soulignant non sans ironie que la seule présence militaire étrangère sur l’île demeurait celle des États-Unis.
La réaction de la Maison-Blanche ne s’est pas fait attendre. Karoline Leavitt, porte-parole de l’administration américaine, a accueilli cette ouverture avec une mise en garde explicite. Si elle a confirmé que Donald Trump reste « toujours disposé à s’engager dans le dialogue diplomatique », elle a invité le gouvernement cubain à la prudence, estimant que le régime est actuellement « au bord de l’effondrement » et le pays « au bord de la faillite ».