Les résultats provisoires de l’élection présidentielle en République du Congo ont été annoncés mardi. Le scrutin, marqué par une coupure des communications et l’absence de plusieurs figures de l’opposition, s’est soldé par la reconduction de l’exécutif en place.
Le président sortant, Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans, a été réélu pour un cinquième mandat consécutif. Le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, a déclaré à la télévision d’État que le chef de l’État avait recueilli 94,82 % des suffrages lors du vote de dimanche. Cette victoire prolonge une présence au pouvoir de près de 42 ans.
Les autorités ont également communiqué un taux de participation de 84,65 %. Un chiffre qui contraste avec certaines observations sur le terrain. Selon les éléments rapportés par Al Jazeera, de nombreux bureaux de vote de la capitale, Brazzaville, affichaient des files d’attente très courtes, voire inexistantes. Interrogée par l’Associated Press, Clarisse Massamba, une électrice de Brazzaville, a souligné que face à six adversaires inexpérimentés, la réélection du président sortant était perçue comme acquise, déplorant au passage les restrictions de communication imposées lors du vote.
La période pré-électorale et le déroulement du scrutin ont été encadrés par des mesures spécifiques. Outre la coupure d’Internet et la restriction de la circulation dans la capitale le jour du vote, le paysage politique était amputé de plusieurs de ses acteurs historiques. Deux partis d’envergure ont boycotté l’élection, dénonçant des pratiques électorales inéquitables, tandis que des figures de l’opposition comme le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa purgent des peines de prison depuis près d’une décennie. Joe Washington Ebina, militant congolais des droits humains cité par Reuters, a fait état d’arrestations de militants, de suspensions de partis d’opposition et d’une surveillance étroite des rassemblements publics en amont de l’élection.
Denis Sassou Nguesso, dirigeant du Parti congolais du travail, a d’abord dirigé le pays de 1979 à 1992, avant de reprendre le pouvoir en 1997 à l’issue d’une guerre civile de quatre mois. Une révision constitutionnelle par référendum en 2015 avait supprimé les limites d’âge et de mandat, lui permettant de se représenter. Il entame ce nouveau mandat à la tête d’un pays riche en pétrole et en minerais, mais qui fait face à une dette internationale importante, estimée à 94,5 % de son produit intérieur brut par la Banque mondiale.
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