Première levée de fonds de 2026 : Le montant global sécurisé par le Trésor dissimule le boycott total d’une catégorie spécifique de titres

Dans un climat économique marqué par des tensions budgétaires et la suspension du programme avec le Fonds monétaire international (FMI), l’État du Sénégal doit impérativement trouver des liquidités pour faire fonctionner la machine administrative. C’est dans ce contexte particulier que le Trésor public a effectué son retour sur le marché financier régional, avec un objectif annuel ambitieux fixé à 4 132 milliards de francs CFA. Si la première opération de l’année affiche un résultat comptable positif, la structure des soumissions révèle une prudence extrême des bailleurs de fonds.

L’opération, lancée le 30 janvier 2026, visait initialement à mobiliser 120 milliards de francs CFA via une émission simultanée de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT). Selon les données rapportées par Sud Quotidien, la réponse du marché a été quantitativement supérieure aux attentes. Les investisseurs de la zone UEMOA ont proposé une enveloppe globale de 142 milliards de francs CFA, offrant au Sénégal un taux de couverture confortable de 118,4 %.

Face à cette offre, les services du ministère des Finances et du Budget ont finalement retenu 125,7 milliards de francs CFA. Ce montant, qui correspond à un taux d’absorption de 88,4 %, permet à l’État de couvrir ses besoins immédiats. Toutefois, une analyse détaillée des souscriptions met en lumière une disparité flagrante selon la durée des prêts accordés par les investisseurs.

La quasi-totalité des fonds levés repose sur le court terme. Le Bon assimilable du Trésor (BAT) d’une maturité d’un an a capté l’essentiel des ressources, permettant de drainer 113,3 milliards de francs CFA. Les obligations à moyen terme ont connu un succès beaucoup plus mitigé : les titres sur 3 ans ont attiré 8,1 milliards, tandis que ceux sur 5 ans n’ont récolté que 4,2 milliards de francs CFA.

Le point critique de cette opération réside dans le rejet complet de la maturité la plus longue proposée. L’Obligation assimilable du Trésor (OAT) de 7 ans n’a enregistré aucune souscription. Ce « zéro pointé » sur le long terme illustre, selon les observations relayées par la RTS, une préférence marquée des investisseurs pour les échéances courtes, conséquence directe de l’incertitude macroéconomique qui plane actuellement sur la signature du Sénégal.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire