Washington ne relâche pas l’étau autour de l’économie vénézuélienne. Dans une démonstration de force qui dépasse le cadre régional habituel, l’armée américaine a pris le contrôle d’un navire marchand dans l’océan Indien. Cette intervention, qui vise à appliquer strictement les sanctions pétrolières, s’accompagne d’un message de fermeté du Pentagone sur l’étendue de sa juridiction opérationnelle.
L’opération visait spécifiquement l’Aquila II, un pétrolier battant pavillon panaméen. Selon les informations relayées par Al Jazeera, le navire transportait 700 000 barils de pétrole brut et avait quitté les eaux vénézuéliennes au début du mois de janvier. Ce qui distingue cette saisie des précédentes interceptions dans les Caraïbes est la distance parcourue : les forces américaines ont traqué le bâtiment depuis la mer des Caraïbes jusqu’à l’océan Indien.
Le Pentagone a justifié cette action comme une réponse directe à la violation de la « quarantaine » établie par le Président Donald Trump sur les navires sanctionnés. Au-delà de la cargaison, c’est la capacité de projection qui est mise en avant par les autorités militaires américaines. Dans une déclaration accompagnant les images de l’assaut héliporté, le commandement américain a affirmé qu’aucune autre nation sur Terre ne possédait une telle capacité à imposer sa volonté dans tous les domaines. L’avertissement adressé aux navires tentant de contourner le blocus est explicite : ils tomberont à court de carburant bien avant d’échapper à la poursuite américaine.
Cette saisie s’inscrit dans une campagne plus large visant à couper les exportations pétrolières du Venezuela, qualifiée de « vol » et de piraterie internationale par les critiques. Elle survient dans un contexte politique tendu, marqué par l’interpellation du président Nicolas Maduro le mois dernier et la mise en place d’une présidence par intérim assurée par Delcy Rodriguez. Cette dernière a d’ailleurs signé une loi ouvrant le secteur pétrolier, majoritairement contrôlé par l’État, aux investissements étrangers sous la menace de nouvelles frappes américaines.
L’objectif affiché par la Maison Blanche reste le contrôle des réserves énergétiques pour influencer le marché. Le Président Donald Trump a indiqué aux dirigeants pétroliers que cette stratégie permettrait aux États-Unis de bénéficier de prix de l’énergie plus bas. Paradoxalement, malgré les tensions, des flux commerciaux subsistent : Caracas a reçu entre 300 et 500 millions de dollars pour des ventes de pétrole aux États-Unis, selon des déclarations officielles et des sources médiatiques citées dans le rapport.