Pourparlers à Oman : La réponse militaire ciblée que Téhéran promet d’activer en cas d’offensive américaine

Alors que des canaux diplomatiques s’activent discrètement entre Washington et Téhéran via le sultanat d’Oman, la tension militaire reste palpable sur le terrain. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a profité d’un entretien accordé à Al Jazeera pour fixer les limites strictes de ces échanges, brandissant une menace explicite contre les intérêts américains dans la région si le conflit venait à s’embraser.

Les discussions indirectes à Mascate ont permis, selon le chef de la diplomatie iranienne, une « occasion de serrer la main de la délégation américaine », marquant un début jugé positif. Toutefois, cette ouverture diplomatique s’accompagne d’une mise en garde sévère concernant la sécurité territoriale de la République islamique.

Une menace directe contre les infrastructures américaines

Au micro d’Al Jazeera, Abbas Araghchi a clarifié la doctrine de riposte de son pays. Si les États-Unis venaient à attaquer le territoire iranien, Téhéran ne viserait pas uniquement les forces assaillantes, mais ciblerait directement les bases militaires américaines disséminées au Moyen-Orient. Cette déclaration intervient dans un climat de méfiance, où la construction de la confiance reste, selon le ministre, un processus de longue haleine.

Le programme balistique exclu des débats

L’autre point de friction majeur concerne l’arsenal iranien. Alors que des rapports médiatiques indiquent que Washington, sous la pression d’Israël, cherche à inclure le programme de missiles balistiques et le soutien aux groupes armés régionaux dans les négociations, l’Iran oppose une fin de non-recevoir. Pour Abbas Araghchi, le programme de missiles relève strictement de la « défense » et demeure « non négociable ».

Une position qui risque de se heurter aux exigences du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont la rencontre avec Donald Trump est prévue mercredi. Selon son bureau, le dirigeant israélien insiste pour que tout accord inclue des limitations sur les missiles balistiques iraniens.

Sanctions et démonstration de force

En parallèle de ces tentatives de dialogue, l’administration américaine maintient une pression maximale. Donald Trump a signé un décret imposant des tarifs douaniers aux pays commerçant avec l’Iran et a annoncé de nouvelles sanctions visant les entités maritimes facilitant les exportations pétrolières iraniennes.

Sur le plan militaire, la présence du porte-avions USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie sert de levier de pression. Steve Witkoff, envoyé spécial américain, a visité le navire samedi, qualifiant cette force de frappe de message de « paix par la force ». Une stratégie que les experts, comme Abdullah al-Shayji de l’Université du Koweït, jugent difficilement tenable sur le long terme sans discréditer l’administration américaine si les résultats tardent à se concrétiser.

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