Depuis l’éclatement de l’affaire Pape Cheikh Diallo, le débat public s’est largement cristallisé autour d’une revendication précise : la criminalisation de l’homosexualité. Si cette demande est perçue par beaucoup comme une solution radicale, une contribution publiée par Le Quotidien vient nuancer cette certitude en interrogeant l’efficacité réelle de l’outil législatif face aux phénomènes sociétaux.
Dans cette analyse, Babacar Leye, résidant aux Parcelles Assainies, met en garde contre ce qu’il qualifie d’illusion de la « panacée ». Loin de rejeter le débat sur le fond, l’auteur s’attaque à la forme de la réponse étatique, estimant que le simple vote d’une loi ne garantit en rien la disparition de la pratique visée. Pour étayer son raisonnement, il convoque trois précédents juridiques où le durcissement du Code pénal n’a pas produit les effets dissuasifs escomptés.
L’exemple le plus détaillé par l’auteur concerne le vol de bétail. Bien que cette infraction ait été criminalisée, Babacar Leye note que le phénomène s’est non seulement maintenu, mais aggravé, obligeant même les États à mettre sur pied une « coalition sous-régionale » pour tenter d’endiguer le fléau, comme le rapportait Le Soleil en février 2026.
La tribune élargit ensuite ce constat d’échec à deux autres crimes majeurs : le viol et le trafic de drogue. Selon l’auteur, malgré la sévérité des peines encourues, les rubriques de faits divers continuent de relater quotidiennement des cas de viols, tandis que les forces de défense et de sécurité démantèlent chaque semaine des réseaux de trafiquants.
Face à ces constats factuels, la contribution conclut que la criminalisation de l’homosexualité ne saurait constituer une solution miracle. Babacar Leye invite plutôt à sortir du tout-répressif pour engager une « réflexion communautaire approfondie » sur les sanctions et les solutions alternatives.