Une fracture politique majeure vient de s’ouvrir au sein du Parti travailliste britannique. Alors que le gouvernement cherche à stabiliser son action, une figure centrale de l’appareil politique, invoquant l’intérêt supérieur de sa circonscription régionale, a officiellement demandé ce lundi un changement de leadership au sommet de l’État. Ce désaveu interne marque une étape critique pour l’actuel locataire du 10 Downing Street.
Le chef du Parti travailliste en Écosse, Anas Sarwar, a appelé Keir Starmer à quitter ses fonctions de Premier ministre du Royaume-Uni ainsi que la tête du Labour. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, le dirigeant écossais estime que la direction actuelle du pays « doit changer » pour mettre fin aux turbulences qui paralysent l’action gouvernementale.
La priorité écossaise face aux « distractions » de Londres
Pour Anas Sarwar, cette prise de position, qu’il qualifie lui-même de décision qui « n’est ni facile ni indolore », est dictée par une nécessité électorale locale. Sa priorité affichée reste l’Écosse, où des élections cruciales se profilent. Il redoute que les difficultés rencontrées par l’exécutif à Westminster ne contaminent les chances du parti au niveau régional.
« Nous ne pouvons pas permettre que les échecs au cœur de Downing Street signifient que les échecs se poursuivent ici, en Écosse », a déclaré le responsable politique. Il pointe du doigt une situation à Londres qui n’est « pas à la hauteur », soulignant que les promesses de changement ont été éclipsées par trop d’erreurs de gestion. D’après lui, même les réalisations positives du gouvernement deviennent inaudibles car elles sont « couvertes par le reste ».
Le spectre de l’affaire Mandelson
Cette sortie médiatique intervient dans un climat particulièrement tendu pour Keir Starmer. Le Premier ministre tente de consolider ses soutiens internes alors qu’une controverse enfle autour de Peter Mandelson. Ce scandale a été récemment ravivé par de nouvelles révélations issues des dossiers liés au délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein, créant ce que Sarwar qualifie de « distraction » qui doit cesser.
Face à cet appel à la démission, Downing Street a opposé une fin de non-recevoir. Les services du Premier ministre rappellent que Keir Starmer dispose d’un « mandat clair de cinq ans accordé par le peuple britannique » et qu’il entend poursuivre la mise en œuvre de son programme. Le chef du gouvernement doit s’adresser aux députés travaillistes plus tard dans la journée pour tenter d’éteindre l’incendie politique.