Pour garantir l’accès universel à l’électricité d’ici 2029, la Banque mondiale active ce levier financier spécifique en faveur des plus démunis

Le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a effectué ce 11 février 2024 une visite de terrain marquée par deux étapes stratégiques : Keur Massar pour la gestion des inondations et Ndiougou Diacksao pour l’électrification. Au-delà des inspections techniques, ce déplacement a permis de réaffirmer l’engagement de l’institution financière aux côtés de l’État du Sénégal, avec une orientation claire vers des résultats tangibles pour les populations.

À Keur Massar, zone longtemps éprouvée par les eaux pluviales, la délégation a constaté les avancées du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d’Adaptation au Changement Climatique (PROGEP II). Ce programme, financé à hauteur de 318 millions de dollars avec le concours de l’Association internationale de développement et du Fonds nordique de développement, a permis la construction de plus de 50 kilomètres de réseaux de drainage et le pavage de 30 kilomètres de routes. Selon nos informations, ces infrastructures protègent désormais 1 330 hectares et environ 220 000 résidents de la région de Dakar, sécurisant ainsi la scolarité des élèves et l’activité économique locale.

La gestion de ces ouvrages intègre une dimension sociale importante. Ousmane Diagana a souligné le rôle des Comités Locaux de Gestion des Eaux Pluviales (COLIGEPs), destinés à se transformer en coopératives de services municipaux. Cette mutation vise à assurer l’entretien pérenne des infrastructures tout en générant de l’emploi pour la jeunesse locale.

L’étape de Ndiougou Diacksao a mis en lumière le volet énergétique à travers le Projet d’Amélioration de l’Accès à l’Électricité au Sénégal (PADAES). Doté d’une enveloppe de 155 millions de dollars, ce projet s’aligne sur l’objectif national d’un accès universel à l’électricité d’ici 2029. C’est dans ce cadre que la Banque mondiale a validé un mécanisme d’équité sociale déterminant : la prise en charge des coûts de câblage interne pour les ménages vulnérables. Ce dispositif permet de raccorder au réseau ceux qui, faute de moyens, restaient exclus du service public malgré la disponibilité de l’électricité dans leur zone.

D’après Sud Quotidien, l’ambition est de raccorder 200 000 ménages et d’améliorer les conditions de vie de 1,58 million de Sénégalais à l’horizon 2027. Le programme inclut également l’électrification de 600 structures de santé et 200 établissements scolaires.

Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique continentale plus large, notamment la « Mission 300 » co-lancée avec la Banque africaine de développement, visant à électrifier 300 millions d’Africains d’ici 2030. Avec un taux d’électrification dépassant déjà les 84 %, le Sénégal fait figure de moteur dans cette stratégie, bien que des disparités persistent dans certaines zones périurbaines que le PADAES entend résorber.

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