Le Parti socialiste (PS) traverse l’une des zones de turbulences les plus critiques de sa longue histoire politique. Alors que la formation fondée par Léopold Sédar Senghor peine à peser sur l’échiquier national, une fronde interne s’organise désormais au grand jour. Face à ce qui est perçu comme une gestion défaillante et un manque de vision, plusieurs figures historiques du parti ont décidé de briser le silence pour imposer une nouvelle feuille de route.
Le constat dressé par ces responsables est sans appel : le parti vacille dangereusement. L’élément déclencheur de cette levée de boucliers reste le résultat jugé catastrophique des élections législatives de novembre 2024. Avec un seul député envoyé à l’Assemblée nationale, le PS a enregistré un recul historique qui, aux yeux de nombreux militants, symbolise un effondrement électoral sans précédent. À cette débâcle dans les urnes s’ajoute une invisibilité médiatique chronique et une absence quasi totale des débats nationaux et des réseaux sociaux, laissant la formation politique inaudible.
Le manifeste « Dundal Ps » comme réponse à la crise
Pour contrer cette dynamique de déclin, un collectif de hauts responsables a lancé le manifeste baptisé « Dundal Ps » (Faire revivre le PS). Selon les informations relayées par Le Quotidien, cette initiative n’est pas le fait de militants isolés, mais bien de piliers de l’appareil socialiste. Parmi les signataires de ce document de rupture figurent Alioune Ndoye, maire de Dakar-Plateau et directeur de l’École du parti, Serigne Mbaye Thiam, Secrétaire national aux élections, ainsi que d’autres cadres tels que Mamoudou Wane et Juliette Zingan.
Ce groupe, qualifié de « garde rouge » déterminée, dénonce une « léthargie post-Tanor » qui s’est installée depuis la disparition d’Ousmane Tanor Dieng en 2019. Ils pointent directement la responsabilité de la direction actuelle, jugée « atone » et incapable de proposer des initiatives crédibles pour relancer la machine politique.
Une critique acerbe de la gestion actuelle
Le texte produit par ces frondeurs s’attaque frontalement aux méthodes de la direction en place. Les séminaires et commissions récemment initiés sont qualifiés de « manœuvres de diversion » et d’actions en « trompe-l’œil », destinées davantage à calmer la base qu’à traiter les problèmes structurels. La confiance semble rompue, exacerbée par les reports successifs du congrès, promis pour décembre 2025 puis janvier 2026, mais toujours incertain.
Au-delà de la critique, le manifeste « Dundal Ps » avance des propositions concrètes pour une refondation. L’objectif affiché est de simplifier les structures de base telles que les comités et sections, qui tourneraient actuellement à vide. Les signataires plaident également pour un investissement massif dans la communication numérique, la formation des militants, et une meilleure intégration des jeunes et des femmes aux postes de décision.
En invoquant les valeurs du socialisme senghorien et le concept d’Ubuntu, Alioune Ndoye, Serigne Mbaye Thiam et leurs alliés posent un ultimatum implicite : une refondation radicale est nécessaire pour éviter que le parti ne sombre définitivement dans l’insignifiance.
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