Pakistan : Si l’État islamique revendique l’attentat, les preuves avancées par le gouvernement qui ciblent une tout autre puissance

Une onde de choc traverse la capitale pakistanaise au lendemain d’une attaque dévastatrice survenue en plein office religieux. Alors que les familles enterrent leurs morts ce samedi, les autorités locales font face à la plus grave brèche sécuritaire enregistrée à Islamabad depuis plus d’une décennie. Au-delà du bilan humain dramatique, l’événement prend une tournure géopolitique complexe avec des accusations officielles qui contredisent la revendication du groupe terroriste présumé.

Le drame s’est noué lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite Khadija Tul Kubra, située dans le quartier de Tarlai Kalan. Un kamikaze a déclenché sa charge au milieu des fidèles, causant la mort d’au moins 32 personnes et blessant 170 autres, selon les chiffres communiqués par les services de secours. Ce carnage marque l’attaque la plus meurtrière dans la capitale depuis l’attentat du Marriott Hotel en 2008, brisant le sentiment de sécurité relative qui régnait dans cette ville hautement gardée.

**Des arrestations et des failles sécuritaires pointées du doigt**

La réaction des forces de l’ordre ne s’est pas fait attendre. Des opérations menées à Peshawar, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, ont conduit à l’arrestation de deux frères et d’une femme, soupçonnés d’avoir fourni une cache au kamikaze. Cependant, des voix s’élèvent pour critiquer le dispositif préventif. Selon Kamal Hyder, correspondant d’Al Jazeera à Islamabad, de nombreux observateurs dénoncent une « faille de sécurité », soulignant que les autorités disposaient d’informations sur une menace imminente, compte tenu des opérations de renseignement en cours dans les provinces voisines.

**La revendication de l’EI face aux accusations d’État**

C’est sur l’identité des commanditaires que la situation se tend diplomatiquement. Le groupe armé État islamique (EI) a officiellement revendiqué l’attaque, s’inscrivant dans une série d’actions violentes ciblant la communauté chiite et les forces de l’ordre dans la région. L’organisation terroriste avait déjà frappé un sanctuaire au Pakistan en 2017 et reste une menace régionale active.

Néanmoins, le gouvernement pakistanais privilégie une autre piste, orientant ses accusations directement vers son voisin historique. Le ministre de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, a affirmé que des preuves avaient été partagées montrant que « le terrorisme au Pakistan est parrainé par l’Inde ». Une position appuyée par le ministre de la Défense, Khawaja Asif, qui soutient que les assaillants ont été « payés en dollars » plutôt que motivés par la religion, accusant New Delhi de financer l’assaut.

**Réaction immédiate de New Delhi**

L’Inde a rejeté ces allégations, les qualifiant de « sans fondement ». Dans un communiqué, le ministère indien des Affaires étrangères a condamné l’attaque et présenté ses condoléances, tout en invitant le Pakistan à ne pas se « bercer d’illusions en blâmant les autres pour ses maux intérieurs ». Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a quant à lui promis que les auteurs de ce crime seraient traduits en justice, appelant à l’unité nationale face à la recrudescence de la violence urbaine.

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