Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a profité d’un rassemblement symbolique à Ankara pour réaffirmer sans détour la doctrine sécuritaire de son pays. S’adressant aux familles de martyrs lors d’un Iftar au palais de Cankaya, le chef de l’État a tracé les lignes d’une politique de défense qui ne s’embarrasse plus de validations diplomatiques, tout en faisant état d’une avancée concrète et pacifique sur le complexe dossier syrien.
La position d’Ankara est désormais claire : la sécurité nationale prime sur les convenances diplomatiques. Recep Tayyip Erdoğan a insisté sur la capacité de la Turquie à neutraliser les menaces « à la source », bien au-delà de ses frontières géographiques. Cette stratégie offensive ne dépend plus du feu vert des alliés ou des instances internationales. « La Turquie prend toutes les mesures nécessaires au-delà de ses frontières pour sa sécurité, sans demander l’autorisation de quiconque », a martelé le président, selon les propos rapportés par l’agence Anadolu.
Cette autonomie décisionnelle s’appuie sur une indépendance matérielle croissante. Le chef de l’État a souligné que le pays parvient aujourd’hui à couvrir la quasi-totalité de ses besoins en équipements militaires. Il a spécifiquement cité la production nationale de drones (UAV), de drones armés, de missiles, de roquettes, ainsi que de navires, d’hélicoptères et de chars. Cette montée en puissance industrielle a permis, selon lui, de restreindre considérablement la mobilité des organisations terroristes et de réduire les risques sécuritaires, tant à l’intérieur du territoire qu’à l’extérieur.
Au-delà de l’aspect purement militaire, le président turc a livré une information précise concernant la situation au nord de la Syrie. Loin des bruits de bottes habituels, il a révélé qu’un accord avait été conclu le mois dernier. L’objectif affiché de cette entente est de résoudre les tensions dans cette zone « sans effusion de sang ». Recep Tayyip Erdoğan a précisé que « le processus menant à une intégration complète a commencé », marquant une étape potentiellement décisive vers l’objectif d’une « Turquie sans terrorisme » qu’il appelle de ses vœux.