Niger : Au lendemain de l’assaut contre l’aéroport de Niamey, l’identité précise des puissances étrangères incriminées par la junte

Des explosions et des tirs nourris ont secoué les environs du palais présidentiel de Niamey dans la nuit de mercredi à jeudi. Alors que le calme est revenu sur la base aérienne de l’aéroport international Diori Hamani, le régime militaire au pouvoir a pris la parole pour désigner les commanditaires présumés de cette offensive, pointant directement la responsabilité de trois chefs d’État étrangers.

Dans une allocution diffusée jeudi sur la télévision nationale, le général Abdourahamane Tiani a formulé des accusations d’une extrême gravité. Selon les éléments rapportés par notre source Al Jazeera, le chef de la junte a explicitement blâmé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir parrainé cet assaut contre la base militaire. Le dirigeant nigérien a nommément cité les présidents Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara comme étant à l’origine de cette tentative de déstabilisation, sans toutefois présenter de preuves matérielles immédiates pour étayer ces affirmations.

**Le rôle des « partenaires russes » mis en avant**

Si le discours du général Tiani a servi de tribune pour dénoncer ce qu’il considère comme des agressions extérieures, il a également été l’occasion de réaffirmer le changement d’alliance stratégique opéré par Niamey. L’homme fort du Niger a tenu à remercier les « partenaires russes » stationnés sur la base pour leur intervention, affirmant qu’ils ont contribué à repousser l’attaque et à « défendre leur secteur ». Cette déclaration confirme le renforcement des liens militaires avec Moscou, qui fournit déjà un soutien logistique dans la lutte contre les groupes armés.

**Bilan humain et présence supposée d’un ressortissant français**

Le ministre de la Défense, le général Salifou Modi, a apporté des précisions sur le déroulement des affrontements. L’attaque, qui a duré « environ 30 minutes », a déclenché une riposte aéroterrestre immédiate. Le bilan officiel communiqué par le ministère fait état de quatre blessés dans les rangs de l’armée nigérienne. Du côté des assaillants, vingt personnes ont été tuées et onze autres arrêtées. La télévision d’État a par ailleurs indiqué qu’un ressortissant français figurait parmi les victimes du commando, une information qui n’a pas encore fait l’objet de commentaires de la part de Paris, Cotonou ou Abidjan.

Dans un contexte régional marqué par la rupture avec l’ancienne puissance coloniale et le rapprochement avec les voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES), le général Tiani a conclu son intervention par une mise en garde imagée : « Nous les avons entendus aboyer, ils doivent être prêts à nous entendre rugir. »

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2 commentaires

  1. Incroyable !
    C’est toujours la faute de la France…
    Pauvre Afrique, le niveau d’incompétence de nos dirigeants est du veritable pain béni pour tout prédateur.

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