Négociations avec Washington : l’exigence de Donald Trump que Cuba refuse catégoriquement de mettre sur la table

Alors que des tractations sont en cours pour alléger le blocus énergétique qui frappe l’île, le gouvernement cubain a tenu à clarifier le cadre de ses discussions avec les États-Unis. Face aux pressions de l’administration américaine, La Havane a tracé une ligne rouge stricte concernant l’avenir de son sommet de l’État.

Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio, a démenti « catégoriquement » toute négociation avec Washington portant sur le sort du président Miguel Diaz-Canel. Lors d’une conférence de presse tenue vendredi, le diplomate a affirmé que les remaniements au sein de l’exécutif n’étaient pas à l’ordre du jour. « Le système politique de Cuba n’est pas à négocier, et bien sûr, ni le président ni le poste d’aucun fonctionnaire à Cuba ne font l’objet de négociations avec les États-Unis », a-t-il précisé.

Cette mise au point intervient en réponse aux informations indiquant que l’administration de Donald Trump chercherait à obtenir l’éviction de Miguel Diaz-Canel, tout en maintenant en place le reste de l’appareil d’État cubain. Un plan qui s’apparente à la manœuvre mise en œuvre au Venezuela en janvier, visant à écarter le président Nicolas Maduro tout en laissant le reste de son gouvernement intact. Miguel Diaz-Canel, dont le second mandat s’achève en 2028, est le premier président cubain n’appartenant pas à la famille Castro depuis 1976.

Selon la chaîne Al Jazeera, Donald Trump a multiplié les mesures pour affaiblir les dirigeants de l’île. Depuis le début de l’année, le président américain a mis fin aux échanges pétroliers entre le Venezuela et Cuba, qualifié l’île de « menace inhabituelle et extraordinaire », et instauré des taxes d’importation massives créant un blocus énergétique de fait. Cette privation de carburant a récemment plongé près de 10 millions de Cubains dans une panne d’électricité généralisée.

Dans ce climat de tension, Donald Trump a publiquement évoqué l’idée d’une « prise de contrôle amicale » de Cuba, déclarant depuis le Bureau ovale qu’il pourrait faire ce qu’il veut d’une nation qu’il juge « très affaiblie ». Des propos qualifiés par les experts juridiques de violation de la souveraineté cubaine.

Malgré cette pression maximale, La Havane maintient une porte ouverte sur des dossiers spécifiques. Le gouvernement cubain a reconnu être en pourparlers avec l’administration Trump pour lever le blocus sur les carburants. Carlos Fernandez de Cossio a également souligné la volonté de Cuba de dialoguer sur des questions commerciales, incluant les compensations liées à l’embargo américain en vigueur depuis les années 1960 et les plus de 5 900 réclamations des États-Unis concernant les propriétés nationalisées lors de la révolution cubaine.

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