C’est une étape politique majeure pour le régime militaire en place depuis quatre ans. Au terme d’un processus électoral étalé sur plusieurs semaines, la Commission électorale de l’Union a livré son verdict concernant la composition de la future assemblée législative. Les résultats officiels confirment la mainmise de la formation politique adoubée par l’armée sur les deux chambres du Parlement.
Selon les données relayées par l’agence Anadolu, qui cite l’agence de presse Xinhua, le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP) sort grand vainqueur de ce scrutin. Cette formation, pilier politique de l’armée birmane, a sécurisé une majorité absolue des sièges mis en jeu. Sur les 420 postes à pourvoir lors de ces législatives nationales, l’USDP en a remporté 339.
Dans le détail, cette domination s’exerce sur l’ensemble du système bicaméral. Le parti a obtenu 231 sièges à la Pyithu Hluttaw, la chambre basse, et 108 sièges à l’Amyotha Hluttaw, la chambre haute. Il convient de noter que le Parlement du Myanmar compte au total 664 sièges (440 à la chambre basse et 224 à la chambre haute), mais ce scrutin ne concernait qu’une partie de l’hémicycle.
Le processus électoral s’est déroulé en trois phases distinctes, entre le 28 décembre et le 25 janvier dernier. Ces élections constituent le premier appel aux urnes organisé par le pouvoir militaire depuis le coup d’État de 2021, qui avait renversé le gouvernement élu de la Ligue nationale pour la démocratie dirigé par Aung San Suu Kyi et plongé le pays dans l’état d’urgence.
Le calendrier institutionnel est désormais fixé. Le général de division Zaw Min Htun, porte-parole de la junte, a indiqué que le nouveau Parlement se réunira dès le mois de mars. Cette session inaugurale devra aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement, dont l’entrée en fonction est programmée pour le mois d’avril.