C’est une étape de plus dans la reconfiguration des alliances au Sahel. Les chefs de la diplomatie burkinabè et russe se sont retrouvés jeudi 12 février à Moscou pour apposer leurs signatures sur un texte qui ne se limite pas à une simple visite de courtoisie. Ce document, négocié pour formaliser le rapprochement entamé en 2022, vient officiellement se substituer aux anciens mécanismes qui régissaient jusqu’ici les rapports entre les deux nations.
La rencontre entre Karamoko Jean Marie Traoré et Sergueï Lavrov marque une rupture administrative autant que politique. Selon les termes du communiqué de la diplomatie burkinabè relayé par Agence Afrique, il s’agit d’un « Accord sur les fondements des relations » entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie. L’objectif affiché est de donner une « dimension plus formelle » à la nouvelle dynamique diplomatique, en remplaçant le document-cadre qui régissait les relations bilatérales jusqu’à cette date.
Pour la partie burkinabè, la portée de cet acte dépasse la simple mise à jour administrative. Le ministre Traoré a qualifié le texte de « document de vision ». Il définit désormais les secteurs clés de la collaboration et l’approche de travail commune, actant ainsi la volonté des deux Chefs d’État de structurer leur partenariat sur de nouvelles bases.
De son côté, Moscou a réaffirmé ses priorités dans la région. Sergueï Lavrov, exprimant sa satisfaction quant à cet accord « pragmatique », a souligné que la lutte contre le terrorisme au Sahel demeure une priorité absolue pour la Russie. L’engagement russe s’investira donc particulièrement dans le volet sécuritaire, répondant aux attentes pressantes de Ouagadougou sur le terrain militaire.
Au-delà des aspects sécuritaires et diplomatiques, les deux ministres ont ouvert un nouveau front de coopération : celui de l’information. Moscou et Ouagadougou ont convenu de renforcer les liens entre leurs médias respectifs. Cette initiative vise à mener des actions communes dans ce qu’ils qualifient de « guerre contre la désinformation ». Cette démarche s’inscrit dans la continuité du mémorandum lancé le 10 février par le Burkina Faso, destiné à déconstruire les stéréotypes touchant les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).